Daimler signe une année record mais ternie par les scandales

Le PDG de Daimler Dieter Zetsche et Arnold... (photo : REUTERS)

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Le PDG de Daimler Dieter Zetsche et Arnold Schwarzenegger font cul-sec avec leurs verres de schnapps pour célébrer le dévoilement du camion léger Mercedes Classe G lors du Salon de l'auto de Détroit le 14 janvier dernier. M. Zetsche a une autre raison de trinquer aujourd'hui avec la publication des résultats financiers. Mais l'année n'a pas été sans controverse.

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Estelle Péard
Agence France-Presse
FRANCFORT, Allemagne

Le numéro un mondial de la voiture haut de gamme et des camions, l'allemand Daimler, a enregistré en 2017 une nouvelle année record, toutefois ternie par sa prudence pour 2018 et par plusieurs scandales.

Les révélations, il y a quelques jours, de tests menés sur des singes et sur des humains soumis à des gaz d'échappement de moteurs diesel, ont mis le groupe sous pression.

Daimler a fondé et financé, avec Volkswagen, BMW et l'équipementier Bosch, l'organisme incriminé (EUGT) dont les recherches visaient à défendre la technologie diesel.

Singeries, cartel et dieselgate

«De telles expérimentations sont en contradiction avec les valeurs de Daimler», a affirmé Dieter Zetsche, patron du groupe, dès le début de son discours, avant de promettre de «faire tout le lumière sur cette affaire». Daimler a martelé vouloir attendre que son enquête interne progresse avant de livrer des détails.

Comme Volkswagen, le constructeur a suspendu son ex-représentant au sein du directoire de l'EUGT tandis que celui de BMW a été libéré de ses fonctions à sa propre demande.

Si 2018 a mal commencé pour Daimler, l'année 2017 n'a pas non plus été un long fleuve tranquille pour l'entreprise, accusée par la magazine Spiegel d'avoir participé pendant plus de 20 ans à un vaste cartel avec les autres constructeurs allemands.

Sur ce thème comme sur celui d'une possible manipulation des émissions polluantes de ses voitures diesel, qui a surgi dans le sillage du «dieselgate» chez Volkswagen en 2015, le fabricant des Mercedes-Benz s'en tient à une communication à minima.

Ces affaires sont autant d'ombres au tableau pour un groupe sortant d'une année 2017 record en terme de ventes, de chiffre d'affaires et de bénéfice.

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Daimler empile les euros

«Notre entreprise fait preuve d'un succès continu en ces temps de volatilité», s'est félicité Dieter Zetsche.

Le bénéfice net, aidé à hauteur de 1 milliard d'euros par la réforme fiscale américaine, a bondi de 24% à 10,9 milliards d'euros, un nouveau plus haut, tandis que le bénéfice d'exploitation Ebit a atteint 14,7 milliards d'euros, conformément aux attentes.

Avec 3,27 millions de véhicules écoulés l'an passé (+9%), dont 2,37 millions de voitures Mercedes-Benz et Smart, son chiffre d'affaires a progressé de 7% à environ 164 milliards d'euros.

Redevenu champion mondial de la voiture haut de gamme devant BMW depuis 2016 grâce à un rajeunissement de sa gamme et à son essor en Chine, Daimler a pleinement profité du bon accueil de sa nouvelle Classe E et de la forte demande pour ses 4x4 urbains. Ces derniers représentent désormais plus du tiers de ses livraisons de voitures.

En Europe, la part de ses ventes de voitures diesel a reculé de «2-3% tout en restant nettement au-dessus de 50%», a indiqué M. Zetsche.

Dans les poids lourds, Daimler a enregistré une année bien meilleure qu'initialement escompté grâce à un marché florissant en Amérique du Nord.

Une prime pour les salariés allemands

Cette année faste lui permet de proposer à ses actionnaires un dividende inédit de 3,65 euros, après 3,25 euros par action au titre de 2016, et de verser une prime record de 5700 euros (8723 dollars canadiens) à 130 000 salariés allemands - sur un effectif mondial de 289 000 salariés.

À la Bourse de Francfort, ces annonces ont été mal accueillies par des investisseurs regrettant la prudence des prévisions émises par le groupe.

Le titre Daimler a terminé la journée boursière à 71,95 euros, une baisse de 1,75 euros (-2.37 %) sur l'indice allemand DAX, dans un marché en petite hausse.

Daimler prévoit pour 2018 une «légère progression» de ses ventes et de son chiffre d'affaires. Son bénéfice d'exploitation avant taxes doit en revanche rester «du même ordre de grandeur» que celui de 2017, alors que les lourds investissements requis par le lancement de nouveaux modèles et le développement de technologies d'avenir comme l'électrique vont peser sur son bilan.

Le renforcement de l'euro par rapport à de nombreuses devises devrait également amputer son bilan d'un milliard d'euros, a prévenu le directeur financier Bodo Uebber.

Daimler entend par ailleurs faire avancer son projet de se transformer en holding chapeautant trois unités -services financiers, voitures et petits utilitaires et enfin camions et bus- pour mieux affronter la mutation en cours de l'industrie automobile.




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