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Nissan reporte le dévoilement de sa Leaf à longue autonomie

Ce n'est pas un bon moment pour lancer... (Photo Leaf)

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Ce n'est pas un bon moment pour lancer la Leaf pouvant rouler 360 km par charge.

Photo Leaf

Denis Arcand
La Presse

Le scandale Carlos Ghosn a fait une victime collatérale. Nissan a décidé de reporter indéfiniment le lancement d'une version haute performance de la Nissan Leaf qui devait avoir lieu demain.

C'est ce que rapporte le bureau de l'agence Reuters à Tokyo, précisant que lancement d'une Leaf plus puissante et ayant plus d'autonomie devait avoir lieu simultanément à Amsterdam et Yokohama. Reuters ajoute qu'un porte-parole de Nissan au siège social de Yokohama n'a pas souhaité donner d'explication du report, ajoutant seulement que la nouvelle date de l'évènement n'a pas encore été décidée.

200 chevaux, 360 km d'autonomie

Le devis technique de cette Leaf (identifiée par certains médias sous l'appellation Leaf e-plus) a déjà circulé de façon officieuse : sa batterie de 60 kWh (20 kWh de plus que la batterie actuelle) permettra d'augmenter la puissance du moteur à 150 kW (200 chevaux), soit 40 kW (53 chevaux) de plus que le moteur actuel. On attribue à cette Leaf e-plus une autonomie de 360 km (117 km de plus que la Leaf actuelle).

Cette rumeur s'ancre dans une autre conjecture, celle que le sud-coréen LG Chem fournirait les batteries de la Leaf e-plus. Or, LG Chem fournit déjà les batteries de la Hyundai Kona électrique Premium, qui a un moteur de 150 kW et une batterie de 64 kWh.

Cette Leaf à grosse batterie serait mise en vente aux Etats-Unis en janvier 2019 dans une fourchette de prix allant de 36 000 à 42 500 $ US (47 870 à 56 500 dollars canadiens), selon le magazine américain Cars Direct, qui dit citer un document remis par Nissan USA à ses concessionnaires.

Pas un mot chez Nissan, bien entendu, sur les raisons du report, mais on peut imaginer que ce n'est pas le moment de lancer un nouveau produit quand la compagnie est secouée par un scandale qui a des répercussions dans trois compagnies (Nissan, Renault et Mitsubishi) et dans deux pays, le Japon et la France.

Surtout quand le président qui vient d'être arrêté et congédié, M. Ghosn, est le père de la Leaf et de l'électrification chez Nissan.

Ni le bon endroit, ni le bon moment

Le lancement prévu à Amsterdam ajoutait une gêne de plus, puisque un des reproches fait à M. Ghosn est d'avoir ouvert dans la capitale des Pays-Bas une filiale qui aurait surtout servi à canaliser des fonds de Nissan pour acheter des résidences au nom de M. Ghosn dans des quartiers huppés notamment au Liban et au Brésil. Selon des informations provenant de Nissan, une des employées de cette filiale serait la soeur de M. Ghosn, qui aurait été payée 1,7 millions de dollars américains essentiellement pour le conseiller sur ces villas.

Le lancement de la Leaf e-plus à Amsterdam aurait garanti que toute la couverture médiatique porte sur le scandale, pas sur la voiture.

Aucune des allégations résumées ci-haut n'a été prouvée en cour et aucune accusation n'a été déposée contre M. Ghosn, qui est détenu dans une prison de Tokyo depuis son arrestation le 19 novembre.

Avant le scandale fiscal de rémunération cachée qui a mené à son arrestation à Tokyo la semaine dernière, Carlos Ghosn était le président des conseils d'administration des trois compagnies et dirigeait personnellement l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi.




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