L'essence augmente... mais les habitudes d'achat restent les mêmes

« J'aimerais vous dire que je me trompe, souligne... (Photo fournie par Audi)

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« J'aimerais vous dire que je me trompe, souligne George Iny, de l'Association de protection des automobilistes (APA), mais les ventes de véhicules qui consomment beaucoup d'essence sont en hausse constante. » Ci-dessus, l'Audi S8.

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Yvon Laprade

Collaboration spéciale

La Presse

Les grosses cylindrées énergivores et les véhicules utilitaires sport (VUS) ont toujours la cote malgré la perspective de voir le prix du litre d'essence franchir la barre des 2,00 $.

« J'aimerais vous dire que je me trompe, souligne George Iny, de l'Association de protection des automobilistes (APA), mais les ventes de véhicules qui consomment beaucoup d'essence sont en hausse constante. »

Il constate néanmoins qu'autour de 1,50 $, les acheteurs « commencent à y penser un peu plus longtemps » avant d'acheter un poids lourd sur quatre roues.

« On a vu ça il y a une dizaine d'années quand le prix du litre d'essence s'est mis à grimper à ce niveau, se souvient-il. Pendant un certain temps, les ventes de véhicules avec de gros moteurs ont diminué, puis c'est reparti à la hausse quand le prix à la pompe s'est remis à redescendre. »

« Je ne comprends pas que la quasi-totalité des automobilistes sont seuls dans leur véhicule, dans le trafic, à l'heure de pointe. On pourrait réduire la consommation de carburant en encourageant davantage le covoiturage ! » 

Besoins individuels

Le professeur Pierre-Olivier Pineau, de la Chaire de gestion du secteur de l'énergie à HEC Montréal, s'inquiète pour sa part de voir « l'explosion » des ventes de VUS au Québec, ces dernières années. Il revient avec son idée de « taxer les véhicules énergivores » pour décourager ces achats.

« Il n'y a pas si longtemps, note-t-il, les voitures étaient beaucoup plus petites et beaucoup plus économiques. Mais la publicité des fabricants, et le besoin individuel d'avoir l'air aussi important que son voisin, a modifié les comportements, avec le résultat qu'on se retrouve aujourd'hui avec des véhicules qui pèsent près de deux tonnes de métal et de plastique. 

« On a des problèmes de congestion monstre et on voit de plus en plus de gros véhicules qui polluent, sur nos routes. On s'endette en achetant des VUS, et on maugrée parce que le prix de l'essence augmente. Ça ne marche pas ! »

Un sujet sensible

Il faut croire que la question touchant la consommation d'essence des véhicules demeure un sujet « délicat » aux yeux des concessionnaires d'automobiles. À preuve : nous avons lancé un appel à une dizaine de concessionnaires, toutes marques confondues. Seulement trois d'entre eux se sont prononcés sur cet enjeu économique et environnemental.

« Ça ne pose pas un problème pour nos acheteurs, a commenté, de son côté, Philippe Laroche, directeur chez Albi Chrysler Jeep Dodge Fiat. Nous vendons des véhicules qui consomment beaucoup, comme le Ram. Mais nos clients les utilisent pour le travail ou pour tirer un bateau ou une roulotte. »

Même son de cloche de la part de Sébastien Girouard, directeur des ventes chez Honda Île-Perrot. « On ne voit pas un changement d'habitudes chez nos clients, dit-il. La Civic demeure un gros vendeur, mais nous vendons aussi beaucoup de VUS, comme le CR-V et le HR-V. »

Les véhicules électriques

Et qu'en est-il des ventes de véhicules électriques ? « Plus le prix de l'essence va augmenter, relève le vendeur Jean-Marc Girard, chez PACO, à Chicoutimi, plus on va voir des acheteurs de Chevrolet Volt et Bolt dans notre salle d'exposition. C'est déjà le cas. »

« Mais le problème, ajoute-t-il, c'est qu'on n'a pas assez de véhicules en stock pour répondre à la demande ! »

Or, selon le professeur Pierre-Olivier Pineau, l'intérêt pour ces véhicules « silencieux » n'est pas suffisamment important, actuellement, pour déclencher un véritable engouement.

« C'est comme essayer de vendre du tofu dans un steak house ! », dit-il, de façon imagée.

« Mais ça va venir, ce n'est qu'une question de temps », conclut-il.

En chiffres

DES VÉHICULES PLUS LOURDS

  • 1300 kg : la masse moyenne d'un véhicule en 2001
  • 1502 kg : la masse moyenne d'un véhicule en 2016

Source : SAAQ

VENTES DE VÉHICULES À USAGE PERSONNEL AU QUÉBEC EN 2014

  • Voitures : 246 000 (-3 % depuis 1990)
  • Camions légers (minifourgonnettes, VUS et camionnettes) : 128 000 (+133 % depuis 1990)
  • Total : 374 000 (+24 % depuis 1990)

Source : État de l'énergie au Québec 2018

CONSOMMATION D'ESSENCE PAR HABITANT

  • Montréal : un peu moins de 600 L/an
  • Laval : 800 L/an
  • Québec, Outaouais, Montérégie : plus de 1000 L/an
  • Laurentides : 1400 L/an

Source : État de l'énergie au Québec-2018




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