Voiture électrique : James Dyson accélère

La marque de véhicules électriques Dyson est censée... (Photo Dyson)

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La marque de véhicules électriques Dyson est censée démarrer en 2021, avec un premier modèle à très faible tirage. Deux modèles à plus grande diffusion doivent ensuite être lancés, selon James Dyson.

Photo Dyson

Agence France-Presse

L'inventeur et capitaine d'industrie James Dyson va ouvrir un nouveau centre de recherche sur un ancien terrain d'aviation du sud-ouest de l'Angleterre, d'où il veut accélérer le lancement de sa voiture électrique.

Je me retiens d'en parler aux bâtisseurs car à chaque fois que je demande c'est retardé d'un mois ! Mais normalement c'est pour début mai", lance le jeune septuagénaire britannique, fondateur d'un empire industriel et milliardaire. La société Dyson, qu'il a créée à la fin des années 1970 et dont il reste propriétaire à 100 %, s'apprête à prendre possession de son deuxième centre de recherche au Royaume-Uni, à Hullavington dans le comté du Wiltshire (sud-ouest de l'Angleterre), un ancien site de la Royal Air Force en cours d'aménagement.

400 ingénieurs voués à l'auto Dyson

"Les 25 hectares de notre premier site de Malmesbury sont complètement occupés avec en plus l'accueil des étudiants de notre université, donc toute expansion future sera sur l'ancien terrain d'aviation", souligne M. Dyson, dont les activités parties de l'aspirateur sans sac se sont étendues aux sèche-cheveux, purificateurs d'air et batteries, avant le lancement espéré d'une voiture électrique.

Les 400 ingénieurs et chercheurs consacrés pour l'instant à la mise au point de cette automobile, que Dyson veut entièrement concevoir et construire à l'instar de l'américain Tesla, seront les premiers à investir les nouvelles installations en déménageant de quelques kilomètres, depuis Malmesbury vers le nouveau site dix fois plus grand.

Dyson a lancé en 2017 un plan quinquennal d'investissement mondial de 2,5 milliards de livres (4,4 milliards de dollars canadiens) mais ce chiffre devrait probablement être dépassé.

Le bonheur et la liberté de ne pas être en Bourse

"Nous ne sommes pas cotés en Bourse et ne recevons aucune subvention publique, nous finançons nos investissements par nos profits. Donc si nous avons encore plus de succès, nous pourrions passer à la vitesse supérieure", glisse James Dyson. En 2017, le groupe a élevé de 27 % son bénéfice brut d'exploitation, à quelque 800 millions de livres (1,4 milliard de dollars canadiens) et de 40 % son chiffre d'affaires, à 3,5 milliards de livres (6,2 milliards de dollars canadiens), d'après les chiffres publiés le 1er mars par le groupe.

FILES James Dyson lors du lancement du sèche-cheveux Supersonic à New York le 14 septembre 2016. Photo: AFP

Au delà du Royaume-Uni, de l'Europe et du continent américain, où les revenus du groupe ont grimpé d'environ 20 %, ces progrès ont été générés principalement en Asie. Cette région a porté chance à Dyson depuis le début : friands de nouvelles technologies, les consommateurs japonais avaient réservé bon accueil aux premiers aspirateurs sans sac de l'inventeur au début des années 1980. Mais aujourd'hui, le potentiel de l'Asie en forte croissance économique est démultiplié.

"Le Japon a toujours été un marché important pour nous, mais maintenant on peut y ajouter la Chine, la Corée du Sud, Taïwan et nous venons en outre de nous lancer en Inde", énumère James Dyson. Le groupe dispose d'un centre opérationnel majeur à Singapour --où est basé son directeur général--, de centres manufacturiers et d'ingénierie en Malaisie et aux Philippines et aussi d'un petit centre de R&D à Shanghaï en Chine. C'est aussi dans cette région qu'a été ouverte la majorité des boutiques en vente directe de Dyson; une nouveauté pour le groupe qui vendait auparavant essentiellement via des distributeurs. Appuyé sur cette dynamique asiatique, Dyson a élevé de 38 % ses effectifs mondiaux en 2017, pour les porter à 11 750 personnes, dont 4500 ingénieurs et scientifiques.

Pas inquiet du Brexit

Au final, James Dyson s'est réjoui de ces bons résultats qui vont permettre à son entreprise "d'investir davantage dans les nouvelles technologies". En premier lieu la voiture électrique à laquelle il va concentrer un large pan de ses moyens et dont les équipes de mise au point seront, dit-il, plus à l'aise à Hullavington pour effectuer la batterie de tests nécessaires. Si le lieu de fabrication de cette automobile n'est pas encore tranché entre le Royaume-Uni et l'Extrême Orient, James Dyson fixe toujours à 2020 l'horizon pour les premières ventes.

A ce moment là, le Royaume-Uni devrait avoir quitté l'Union européenne mais l'inventeur, qui a soutenu le Brexit, ne semble pas inquiet. "J'espère que tout ira bien" dans les négociations entre Londres et ses partenaires, dit cette voix originale et écoutée au Royaume-Uni. "Il serait sensé pour l'Europe de conclure un accord avec le Royaume-Uni, le contraire serait dommageable aux deux parties." Son entreprise n'est de toute façon pas concernée au premier chef : la plupart des produits Dyson achetés en Europe comme au Royaume-Uni sont importés d'Asie où ils sont fabriqués.




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