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24 Heures du Mans - Alonso vainqueur pour la postérité 

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Fernando Alonso fait gicler le champagne après sa victoire aux 24 Heures du Mans dimanche. Alonso, qui dispute à la fois le championnat de Formule 1 et le championnat d'Endurance, court presque toutes les fins de semaine durant la saison de course 2018. Il est 7e en F1 et mène en Endurance.

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Agence France-Presse
LE MANS, France

Fernando Alonso, qui désire plus que tout marquer l'histoire de son sport, a fait un grand pas vers la postérité en inscrivant son nom au palmarès des 24 Heures du Mans dès sa première participation dimanche.

Le double vainqueur du Grand Prix de Monaco (2006 et 2007) est devenu le sixième pilote de l'histoire à réaliser le doublé à Monaco et au Mans, après Tazio Nuvolari, Maurice Trintignant, Bruce McLaren, Jochen Rindt et Graham Hill.

Seul ce dernier est parvenu à coiffer la Triple couronne du sport automobile (Monaco, Le Mans et 500 Milles d'Indianapolis), objectif ultime de l'Espagnol de 36 ans, qui n'a plus gagné en F1 depuis 2013.

Être un pilote complet... et être champion d'Endurance

«Pour être un meilleur pilote, plus complet, il faut gagner dans des séries différentes, contre les spécialistes de ces séries. Battre les spécialistes de l'ovale (en IndyCar) ou ici de l'endurance, qui connaissent tous les secrets, c'est très tentant comme objectif», ne cachait-il d'ailleurs pas après son succès.

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Fernando Alonso après sa première victoire en F3000 le 26 août 2000.

Comme ce compétiteur né, qui «pense à la victoire à chaque GP» et défiait sa grand-mère à la course en rentrant de l'école, ne fait jamais les choses à moitié, il s'est lancé dans cette quête en parallèle de son programme en F1.

L'an dernier, Alonso a participé aux 500 Milles (abandon sur casse mécanique à 21 tours de l'arrivée alors qu'il évoluait aux avant-postes) plutôt qu'au GP de Monaco. Cette année, il disputera vingt-six week-ends de course et vise également le titre en Endurance après avoir remporté les deux premières manches.

La trajectoire du double champion du monde de F1 2005 et 2006 a d'abord été rectiligne et ascendante. Phénomène de précocité, il n'a que deux ans lorsqu'il effectue ses premiers tours de roue sur un karting bricolé par son père... pour sa soeur aînée.

Précocité

À trois ans, il dispute sa première course et remporte ensuite tous les titres locaux, régionaux, nationaux puis mondial de la discipline, avant de passer à la monoplace.

«Fernando a vraiment un don particulier. Au début, il parlait à peine deux, trois mots d'anglais et ne comprenait pas grand-chose à la technique, mais bon Dieu qu'il était vite.»,

--Mike Van Hool, ex-directeur l'écurie Astroméga en F3000.

Repéré par Flavio Briatore, Alonso dispute son premier GP de F1 pour Minardi en 2001, à l'âge de 18 ans.

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Fernando Alonso célébrant son premier sacre en F1, après le GP du Brésil le 25 septembre 2005. Photo AFP

Il débarque ensuite chez Renault et remporte sa première course à 22 ans et 26 jours (un record de jeunesse qui lui a depuis été subtilisé par Sebastian Vettel puis Max Verstappen).

L'Espagnol s'adjuge la couronne mondiale en 2005, à 24 ans, 1 mois et 27 jours (un autre record dont l'ont dépossédé depuis Lewis Hamilton puis Vettel), et réalise le doublé en 2006.

Le «taureau des Asturies» part la saison suivante chez McLaren-Mercedes. C'est alors que sa bonne étoile faiblit. Coéquipier d'Hamilton, avec qui il entretient des relations houleuses, il échoue pour un point dans sa quête du titre.

Alonso, qui attribue cet échec aux erreurs commises par son manageur Ron Dennis, témoigne ensuite contre son écurie dans une affaire d'espionnage avec Ferrari.

Promesses manquées

Le natif d'Oviedo (Asturies, nord de l'Espagne) retrouve en 2008 Renault, aux performances déclinantes, puis s'en va chez Ferrari, chez qui il espère renouer avec le succès, en 2010.

Il remporte ses onze dernières victoires en GP (sur 32) lors de ses trois premières saisons avec la Scuderia, mais manque le championnat en 2010 par quatre points et en 2012 par trois.

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Fernando Alonso vise maintenant une victoire aux 500 Milles d'Indianapolis. On le voit durant les essais libres de cette course en 2017. Photo USA Today

Ferrari s'éloigne des places d'honneur après le passage à la motorisation hybride en 2014 et «Nando» quitte les Rouges pour retrouver McLaren en 2015, attiré par les promesses d'une nouvelle association avec Honda.

Le pari est désastreux, sanctionné par une 17e place au Championnat la première année, une dixième la suivante et une quinzième en 2017, ses plus mauvais résultats en F1 depuis son année de recrue.

Propulsé désormais par Renault, ça va mieux pour McLaren et sa star, septième après sept manches, mais cela suffira-t-il à maintenir Alonso en F1 ?

Le Mans en poche, il se murmure qu'il pourrait aller voir dès l'an prochain si l'herbe en plus verte en IndyCar, «attristé» par la direction prise par la catégorie reine, qu'il juge «trop prévisible».

À moins que celui qui vient de boucler son 300e week-end de GP ne prolonge d'un an pour s'offrir le record de Rubens Barrichello (326).




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