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Dakar-2019 : Liparoti et Romero, les roses des sables

Camelia Liparoti (à g.) and Rosa Romero posent... (Photo FRANCK FIFE, AFP)

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Camelia Liparoti (à g.) and Rosa Romero posent avant le départ du Rallye Dakar, le 3 janvier à Lima, au Pérou.

Photo FRANCK FIFE, AFP

NICHOLAS MC ANALLY
Agence France-Presse
SAN JUAN DU MARCONA, Pérou

Véhicule rose, tenues roses, téléphone et élastiques roses dans les cheveux... sur le bivouac du Dakar-2019, impossible de les rater. Mais Camelia Liparoti et Rosa Romero Font (Yamaha) ne sont pas des bleues : les deux femmes cumulent près de vingt participations au célèbre rallye-raid.

Pour cette 41e édition, la pilote italienne Camelia Liparoti, 45 ans, a abandonné son quad, l'Espagnole Rosa Romero Font, 49 ans, sept participations à moto, a laissé de côté son guidon pour officier comme copilote, et les voilà engagées dans la catégorie reine, celle des autos.

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L'Italienne Camelia Liparoti et sa co-pilote espagnole Rosa Romero roulant durant le défilé qui s'est déroulé dimanche dernier, à la veille du départ. Photo AP

« Le rose a toujours été ma marque de fabrique : mon quad était déjà rose les années précédentes », explique Liparoti, qui n'a raté aucune édition du Dakar depuis 2009.

« J'adore cette couleur, évidemment, mais je tiens aussi vraiment au côté féminin. D'ailleurs, on essaie de collecter des fonds contre le cancer du sein, donc le rose, c'était encore une évidence », ajoute-t-elle.

Heureusement, sa copilote n'est pas allergique à ce côté flashy, ouvertement revendiqué : « Moi aussi, j'aime le rose. Et puis mon nom signifie rose en espagnol ! », sourit Romero Font, épouse de Nani Roma (deux fois vainqueur du Dakar).

La relation entre les deux femmes s'est nouée au fil des participations au célèbre rallye-raid. Et renforcée en 2014.

« Il y a cinq ans, on a vécu quelque chose d'assez dur lors de l'étape-marathon, se souvient Camelia. Tout le monde s'était trompé dans une descente, à la recherche d'un waypoint (point de passage virtuel obligatoire, NDLR). Les voitures, les quads, les motos... »

« Sauf que personne ne pouvait plus remonter la dune, donc on été obligés de dormir sur place, sur les cailloux. On n'avait rien à manger, rien à boire. Avec Rosa, nous étions les deux seules femmes du groupe... On a souffert, forcément, parce que c'est dur, mais ça nous a rapprochées. »

« Suivez la voiture rose ! »

Les deux femmes sont amies et cela se ressent. « On a une vraie complicité parce qu'on se connaît depuis des années. On est proches, sans doute plus qu'on l'aurait été avec un homme », assure la petite blonde, qui ne se départit jamais de son grand sourire.

Multitâche au guidon de sa moto, Rosa admet que le rôle de copilote est « vraiment différent ». « En moto, il faut naviguer et conduire seule. Chaque décision que vous prenez est pour vous mais, parfois, je me suis sentie un peu seule... Maintenant, je dois apprendre à travailler en équipe, pour l'équipe, pour Camelia. »

« On est habituées à gérer les courses toutes seules. Deux visions'single', ça ne peut qu'être un bonus », renchérit l'Italienne.

Le Dakar-2019 est, avec 17 participantes, l'édition la plus féminine depuis 2009. Ce n'est pas une surprise pour Rosa.

« Le Dakar, c'est peut-être un peu plus dur pour les femmes que pour les hommes. Mais ce n'est qu'une question de temps avant de voir de plus en plus de femmes dans le sport automobile, pas uniquement au Dakar », assure la grande brune.

Au soir de la 2e étape, après près de 900 kilomètres, elles pointaient au 59e rang, à 2 heures 36 minutes 50 secondes des leaders, le Sud-Africain Giniel de Villiers et l'Allemand Dirk von Zitzewitz (Toyota).

« Aucune d'entre nous n'est blasée, on est comme des enfants », assure Liparoti. « Suivez la voiture rose ! »




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