(Montréal) Lewis Hamilton était un brin nostalgique lorsqu’il a été invité à commenter l’état de la situation en Formule 1, alors que les négociations entourant le renouvellement des accords de Concorde pour 2021 sont sur le point de commencer.

Alexandre Geoffrion-McInnis
La Presse canadienne

C’est un secret de Polichinelle, Liberty Media, qui est propriétaire de la F1 depuis 2016, aimerait rehausser la qualité du spectacle en procédant à des changements majeurs à temps pour le renouvellement de l’entente, qui régit l’ensemble des règlements en F1 sur le plan sportif.

Pour sa part, Hamilton n’a pas mâché ses mots quant à la situation actuelle de son sport, qui ne date pas d’hier selon le principal intéressé.

« Personnellement, quand on regarde les 12 dernières saisons, ils (les dirigeants) tentent constamment de modifier les règles dans l’espoir de réduire les coûts et d’augmenter le nombre de dépassements. De façon générale, ces décisions n’ont rien apporté de positif », a dit le champion du monde en titre lors de la traditionnelle conférence de presse des pilotes jeudi matin.

« Liberty est maintenant propriétaire (de la F1), et les mêmes problèmes sont encore là, a-t-il poursuivi. Les courses ne sont pas divertissantes, il existe encore un fossé entre les équipes les plus riches et les autres. C’est toujours la même chose, chaque week-end. Les gens sont las. »

Pour remédier à la situation, le pilote Mercedes a offert quelques pistes de solution, afin de ranimer l’intérêt des spectateurs.

« Je reviendrais aux moteurs V12 et aux transmissions manuelles, afin de compliquer la tâche des pilotes. Il faudrait aussi abolir la direction assistée, ou la réduire au minimum. Il faudrait qu’on soit si épuisé physiquement après une course, que ça ressemble à un marathon », a-t-il imagé.

« Présentement, je crois que je pourrais disputer deux ou trois courses consécutives sans difficulté, a-t-il renchéri. Et la F1 ne devrait pas être comme ça. Vous savez, c’est un sport d’hommes — des jeunes arrivent ici et n’ont pas trop de difficulté à s’adapter. Il faudrait que ce soit l’épreuve physique la plus exigeante qui soit. »

À ses côtés, Lance Stroll a écouté sagement. Et plutôt que de discuter de l’aspect sportif, il a suggéré des solutions administratives.

« Nous aimerions que l’écart soit plus mince entre les équipes. Pour y parvenir, je crois qu’il faudrait établir un plafond au niveau des dépenses, comme dans la LNH, la NFL ou la NBA, a-t-il énuméré. La parité est telle qu’une équipe peut toujours aspirer à la victoire. Une saine gestion entraîne une saine compétition. Il faut que les écarts de deux ou trois secondes deviennent des écarts de deux ou trois dixièmes de seconde. Ça rendrait les choses plus intéressantes. »

Liberty Media doit donc s’attendre à des négociations ardues, foi de Hamilton.

« Les pilotes sont tous unis, pour la première fois depuis un certain temps, a-t-il souligné. Nous sommes unis, et nous communiquons. Malheureusement, les décisions administratives sont prises par des gens qui ont le pouvoir et l’argent. Nous savons ce que c’est que de piloter, nous connaissons les défis. Nous aimerions bien pouvoir contribuer au développement de notre sport, car nous connaissons ses limites et avons des idées.

“Nous voulons faire partie de la conversation, et voulons assurer la pérennité de notre sport », a-t-il martelé.