(Paris) Après sa victoire aux 500 Miles d’Indianapolis, le Français Simon Pagenaud lorgne maintenant vers les 24 Heures du Mans, voire le rallye, mais veut avant tout encore gagner la légendaire épreuve disputée sur l’anneau américain.

Jean-Louis Doublet
Agence France-Presse

PHOTO CHARLIE NEIBERGALL, AP

Simon Pagenaud au volant de sa Penske-Chevrolet lors d'une course de la Série IndyCar à Newton, en Iowa, le 20 juillet dernier.

Venu à Paris présenter le célèbre trophée Borg-Warner – une monumentale pièce de 1,65 mètre de haut et pesant 50 kilos fondue en argent sterling – sur lequel son visage est maintenant gravé pour la postérité, Pagenaud, 35 ans, souligne que sa victoire en mai est « l’histoire de ma vie ».

Un des 106 visages gravés sur le trophée

« Il y a 106 visages sur ce trophée qui existe depuis 1935 et voir le mien gravé dessus est quelque chose de très particulier », affirme-t-il, découvrant pour la première fois son effigie lors d’une réception sur le toit d’un hôtel parisien, avec la Tour Eiffel en arrière-plan. Il arbore aussi au doigt l’énorme bague donnée à chaque vainqueur de l’épreuve américaine.

Il avait conquis en 2016 le titre Indycar, une formule monoplace disputée en Amérique du Nord, mais sa victoire à Indy l’a libéré. « Je suis à un niveau où j’ai toujours voulu être. Maintenant j’en profite encore plus, le poids de gagner cette course est enlevé, celui de gagner le championnat aussi et j’ai l’impression de voler libre », confie-t-il à l’AFP.

PHOTO KEREM YUCEL, AFP

Dans cette photo prise le 26 mai 2019, Simon Pagenaud célèbre sa victoire à Indianapolis au volant d'une voiture IndyCar de l'écurie Penske Chevrolet.

Parti aux États-Unis en 2006 pour courir d’abord en Formule Atlantic puis en ChampCar (devenu ensuite IndyCar), tournant ainsi le dos à une éventuelle carrière en F1, Pagenaud, natif de Poitiers, ne regrette pas ce choix.

« Ma voie a été celle qu’elle a été et cela a réussi. J’ai atteint le sommet de ce que je voulais atteindre. Maintenant, il y a d’autres montagnes que je veux franchir. J’ai d’autres ambitions comme de remporter plus de victoires aux 500 Miles. Mon prochain rêve serait d’être le recordman de la discipline, gagner des championnats, revenir aux 24 Heures du Mans. J’adorerais faire un test en F1 pour voir ce que c’est ».

Gagner encore à Indy et gagner au Mans 

Trois pilotes, tous américains, détiennent actuellement le record de victoires à Indy (quatre succès chacun) : AJ Foyt, Al Unser et Rick Mears. Seul AJ Foyt, un coureur aussi célèbre aux États-Unis que Fangio ou Senna peuvent l’être dans le reste du monde, a aussi gagné les 24 Heures (en 1967).

PHOTO ERIC FEFERBERG, AFP

Simon Pagenaud montre du doigt son visage sur le Trophée Borg-Warner.

« J’ai fini 2e au Mans (en 2011 sur Peugeot, NDLR) et j’ai toujours dit que je souhaiterais revenir un jour », dit-il. « Mais cela sera dans des conditions qui me permettront de gagner, pas pour venir faire de la figuration ».

Venu en touriste au Grand Prix de F1 de Hongrie la fin de semaine dernière, Simon Pagenaud met en exergue les différences entre la F1 et l’Indycar.

«En IndyCar, on peut partir dernier et gagner quand même»

« Le gros avantage en Indycar c’est qu’on peut partir dernier et gagner quand même. Il y a ce sentiment de ne jamais abandonner, de stratégies qui font qu’il y a toujours des possibilités. On est sur le bord de son siège jusqu’à la fin de la course que cela soit les fans, les pilotes ou les stratèges. Cela fait que les pilotes ont une volonté décuplée », affirme-t-il. Il constate également que les relations entre concurrents y sont plus décontractées.

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Le 14 juillet dernier, le Français Simon Pagenaud a aussi gagné la course Honda Indy Toronto.

La discipline (Indy Racing League, IRL), qui se dispute pour l’instant aux États-Unis et au Canada, pourrait très prochainement s’étendre au Mexique, en Asie ou en Australie voire au Moyen-Orient, indique son président Mark Miles, venu accompagner à Paris Pagenaud et le trophée qui ne sort qu’exceptionnellement du territoire américain.

«Ma vraie passion c'est le rallye»

Mais « ma vraie passion c’est le rallye », souligne le champion français qui s’aligne quand il le peut dans des courses dans sa région natale en France.  

« À la base, j’ai plus piloté des voitures de série sur du gravier que sur du bitume donc il est clair que j’aimerais participer au Monte-Carlo un jour ».

Il pourrait devenir ainsi le seul pilote automobile de l’histoire à remporter les 500 milles, les 24 Heures du Mans et le Monte-Carlo. « Cela serait vraiment très complet », s’exclame-t-il en riant.