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Véhicules certifiés: oui, mais...

L'Association pour la protection des automobilistes recommande de... (Photo Alain Roberge, archives La Presse)

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L'Association pour la protection des automobilistes recommande de faire inspecter la voiture dans un atelier indépendant.

Photo Alain Roberge, archives La Presse

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Magasiner, comparer, analyser, négocier, inspecter. Un exercice aussi agréable qu'un traitement de canal pour bon nombre d'automobilistes. D'ailleurs, pourquoi s'astreindre à quelque chose d'aussi ennuyant quand les concessionnaires offrent des voitures d'occasion certifiées? Prudence.

Après avoir laissé passer la manne pendant plusieurs années, les concessionnaires d'autos neuves sont de plus en plus nombreux à ajouter une division de véhicules d'occasion digne de ce nom, avec salle d'exposition intérieure et service à l'avenant. Bon nombre d'acheteurs y voit une solution de rechange sérieuse aux détaillants de voitures d'occasion, d'autant plus que les taux de financement peuvent être très avantageux. Mais il faut souvent y mettre le prix et l'état des véhicules n'est pas nécessairement toujours meilleur qu'ailleurs, même s'ils sont sanctifiés d'une certification du constructeur, sertie d'une vérification mécanique en 100, 200 ou même plus de 300 points.

Le hic, c'est que cette certification relève uniquement des concessionnaires, et certains sont plus scrupuleux que d'autres. Par contre, comme les concessionnaires proposent des garanties supplémentaires (voir autre texte) lors de la vente de véhicules certifiés, on peut croire sans trop se tromper qu'ils ont naturellement avantage à vendre des véhicules en bon état. «Tous nos véhicules usagés ont été inspectés et certifiés, sans exception», assure Francisco Coal, directeur commercial chez Audi Popular, à Montréal.

«Quand les constructeurs ont lancé les programmes de certification de véhicules usagés, il y a une dizaine d'années, cela a permis d'évacuer le doute et l'ombre entourant l'achat d'une voiture d'occasion, admet George Iny, président de l'Association pour la protection des automobilistes (APA). Mais le niveau de filtrage n'est plus le même de nos jours. Aucun tiers n'est mandaté pour surveiller que le travail répond aux normes.»

Pour rassurer les acheteurs sur l'état et l'historique du véhicule, les constructeurs - comme tous les autres vendeurs de voitures d'occasion - vont s'appuyer sur les services CarProof, qui obtient automatiquement les estimations de réparation demandées par les assureurs auprès des carrossiers. «Notre base de données est reliée à l'immense majorité des carrossiers au Canada, assure Roberto Bernard, directeur québécois de CarProof. En fait, les seuls cas qui nous échappent sont ceux où les gens ne sont pas assurés, choisissent de ne pas déclarer leurs dommages à leurs assureurs ou font affaire avec un petit commerçant qui n'est pas relié à notre système. Cela dit, la majorité des gens font la bonne démarche, c'est pourquoi nous sommes convaincus que notre rapport d'historique est la meilleure façon de valider que le véhicule n'a pas été accidenté.»

Néanmoins, hormis le cas des véhicules qui ont été gravement accidentés - qui sont automatiquement fichés -, il est impossible d'être parfaitement sûr qu'une voiture d'occasion n'a pas déjà subi un accident. C'est pourquoi l'APA recommande de faire inspecter la voiture dans un atelier indépendant.

George Iny comprend toutefois que plusieurs automobilistes vont choisir de faire confiance aux concessionnaires et à leurs véhicules certifiés. «Mais ils devraient au moins exiger de voir le formulaire d'inspection avant de faire l'achat, recommande-t-il. S'il n'y a seulement que des résultats positifs sur le formulaire, on devrait s'interroger à savoir si l'inspection a réellement été faite.» Selon le président de l'APA, certains concessionnaires peuvent parfois réaliser l'inspection après la vente et faire les réparations dans la mesure où leur marge de profit n'est pas trop amputée. Certaines anomalies peuvent ainsi être escamotées.

Grandes surfaces

Les marchands de véhicules usagés à grande surface offrent quant à eux une inspection sécuritaire de base, qui couvre généralement moins de points que chez les concessionnaires.

Chez HGrégoire, le plus important d'entre eux, l'inspection est par exemple confiée aux ateliers M. Muffler. Jusqu'à jeudi dernier, le site internet de la compagnie faisait également état d'une inspection plus approfondie, moyennant la somme de 500$. Par exemple, l'examen et la réparation du rouage intégral, de la climatisation et de l'essuie-glace arrière étaient réservés à cette inspection «Platine». Après un premier appel de La Presse, le document vantant l'inspection Platine offerte chez HGrégoire a disparu du site internet de la compagnie. «Nous n'avons jamais fait payer une inspection à un client, nous a assuré Michelle Therrien, directrice des ventes chez HGrégoire. En fait, cette inspection Platine était une idée qui n'a jamais vraiment vu le jour. C'est par erreur que le document est resté sur notre site.»

De toute façon, la Loi sur la protection du consommateur oblige les commerçants à garantir le bon fonctionnement des véhicules vendus.

Est-il donc pertinent de payer pour une inspection - et les réparations subséquentes? «Certains automobilistes pourraient être tentés de payer car, dans le cas d'un véhicule de plus de trois ans, toute réparation est assortie d'une garantie légale de trois mois, explique Jean-Jacques Préault, de l'Office de protection du consommateur. Par contre, elle serait moins utile dans le cas d'un véhicule de moins de trois ans parce que la garantie sur les voitures d'occasion accorde déjà une protection de trois mois ou 5000 km.»

Ainsi, pour un véhicule de trois ans ou moins qui n'a pas parcouru plus de 60 000 km, il est donc inutile de payer pour une inspection.




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