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Les secrets des véhicules d'urgence

Une Dodge Charger modifiée pour devenir une auto-patrouille... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND LA PRESSE)

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Une Dodge Charger modifiée pour devenir une auto-patrouille coûte environ 50 000$.

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Julie Champagne

Collaboration spéciale

La Presse

Voiture de patrouille, ambulance, camion de pompiers... Quelles modifications ont été apportées pour assurer le bon fonctionnement et la sécurité de ces véhicules particuliers? Du moteur turbodiesel surpuissant aux pneus quasi indestructibles en passant par le panneau électrique dernier cri, on vous dévoile tous les secrets de la flotte d'urgence.

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Le compartiment-moteur d'une Dodge Charger de police du SPVM équipée du V6 de 3,6 L Pentastar. 

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VÉHICULE DE POLICE > PARC AUTOMOBILE DU SERVICE DE POLICE DE LA VILLE DE MONTRÉAL

Voitures de patrouille, véhicules d'enquête, camions d'identité judiciaire, postes de commandement mobiles, motocyclettes, véhicule de protection balistique... Regroupant plus de 1320 véhicules, le parc du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) est aussi imposant que diversifié.

«Depuis 2012, la nouvelle génération de véhicules se compose de Dodge Charger, explique Éric Longpré, chef de section au SPVM. Le nouveau Ford Taurus Police Interceptor fait également son entrée dans certains corps de police. Le SPVM en a deux, mais ils n'ont pas encore été mis sur la route.»

Les nouvelles normes de sécurité et les récents changements de modèles automobiles ont forcé quelques modifications dans l'aménagement des véhicules. «Si je mettais un Crown Victoria 2007 au rencart, je ne pouvais pas prendre son contenu intégral et le transférer directement dans un nouveau Dodge Charger, explique M. Longpré. Nous avons donc apporté quelques changements structurels. Autrement, les modifications restent les mêmes: une console véhiculaire avec la radio vocale pour les communications, le poste de travail ordinateur, l'imprimante pour les contraventions, la partition pour isoler les policiers des détenus...»

Toutes les acquisitions se font par appel d'offres. Le SPVM reçoit ensuite les véhicules standardisés, et les employés du parc automobile font les différents ajouts et les mises à niveau dans l'atelier de Montréal.

QUELQUES MODIFICATIONS

Les options pro-robustesse

Comment le véhicule policier se distingue-t-il de son équivalent civil? «À la base, c'est exactement le même véhicule, assure Michel Quenneville. Les plus importants changements se situent dans les options de robustesse: un refroidisseur d'huile à moteur, un refroidisseur d'huile à transmission, un refroidisseur du liquide de servodirection, des amortisseurs avec des ressorts plus résistants... On solidifie même la carrosserie, par exemple avec des renforts additionnels au niveau des pentures de porte.» Alors qu'un conducteur normal ouvrira sa porte trois ou quatre fois par jour, le policier le fera une bonne vingtaine de fois. Sans renfort supplémentaire, les pentures seront complètement usées au bout d'un an ou deux. À titre comparatif, un Dodge Charger SXT soumis à un usage intensif comme celui de la police durera deux ou trois ans, alors que la version modifiée du même modèle aura une espérance de vie de quatre ou cinq ans.

Un odomètre certifié

«On trouve dans le tableau de bord de police un odomètre certifié et calibré, précise M. Longpré. Du coup, si une voiture de patrouille suit un conducteur qui roule à 100 km/h dans une zone de 70 km/h, l'odomètre pourrait servir de preuve, car il donne une mesure aussi juste et fiable qu'un radar de contrôle routier.»

Un moteur sans limite de vitesse

Contrairement aux croyances populaires, le moteur de l'auto de patrouille est le même que celui qui est vendu aux particuliers. Ce sont plutôt les protections ajoutées par le constructeur qui varient. «Dans la version civile, on aura souvent une limitation sur la vitesse, indique M. Longpré. Le véhicule policier ne connaît pas de telles limites. Le constructeur se protège plutôt en imposant un régime maximal de 7500 tours par minute, par exemple.»

Des roues et des pneus ultrarésistants

«Les véhicules de police ont des roues très lourdes conçues avec un matériel plus épais afin de pouvoir surmonter les chaînes de trottoir et traverser les terre-pleins sans crochir, explique Éric Longpré.

Les pneus sont également très différents. Ils auront une cote Z, V ou W, soit des pneus qui peuvent rouler à 270 km/h sans éclater. La semelle sera finalement plus résistante aux crevaisons.»

L'ergonomie de l'habitacle

Les patrouilleurs passent environ 80% de leur quart de travail dans la voiture. «Comme les véhicules ont changé de gabarit en 2012, nous avons profité de la transition pour travailler avec des spécialistes en ergonomie et adapter l'aménagement des véhicules pour les rendre le plus conviviaux possible. Les voitures de patrouille offrent toujours des ajustements électriques pour les sièges. On a également remplacé les sièges en vinyle de la banquette arrière par un banc de plastique qui facilite le nettoyage et l'inspection entre les transports. Dans la version standard, avec les sièges en vinyle, le policier devait s'assurer que le détenu n'avait pas dissimulé en douce une arme ou un petit sac de drogue.»

EN VRAC

Valeur approximative du Dodge Charger en version civile: 25 000$

Valeur approximative du Dodge Charger en version patrouille: 50 000$

Nombre d'heures nécessaires pour mettre un véhicule à niveau: de 40 à 50 heures de travail pour une personne

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AMBULANCE > URGENCES-SANTÉ

Urgences-santé revitalise actuellement son parc de 154 ambulances, soit le premier en importance du Québec et le quatrième du Canada. «Nous recevrons 40 nouveaux véhicules en février, puis techniquement 40 autres à la fin de l'année, indique Michel Quenneville, chef du service gestion du parc de véhicules et des équipements. En 2015, toute la vieille génération de véhicules ambulanciers énergivores aura été remplacée par des modèles plus récents.»

Les ambulances ont été construites et adaptées aux besoins des 23 centres hospitaliers desservis dans la métropole. «Il faut évaluer chaque détail, chaque obstruction potentielle, indique M. Quenneville. Tout le monde me demande pourquoi nos ambulances ne sont pas plus hautes. La réponse est simple: elles ne passeraient plus sous les portes des anciennes urgences qui sont beaucoup plus basses que celles des constructions récentes. La plus petite entrée devient en quelque sorte le dénominateur commun.»

Montréal compte malgré tout les véhicules ambulanciers les plus volumineux de la province, en raison de ses protocoles de transport et de son contexte particulier. «La population vieillissante est en forte concentration dans la métropole, explique M. Quenneville. Plus encore, nous avons plusieurs transferts interétablissements et des cas lourds qui nécessitent, par exemple, le transport d'un coeur-poumon mécanique. La grande différence entre la ville et le rural, c'est l'équipement spécialisé.»

QUELQUES MODIFICATIONS

La géolocalisation de pointe

Les ambulances du parc montréalais comprennent un système de géolocalisation ultraprécis. «Nous avons un taux d'erreur de 1,5 m, soit un des plus performants en Amérique du Nord», assure Michel Quenneville.

Le panneau électrique

La nouvelle génération de véhicules ambulanciers se distingue par son contrôle électronique de type multiplexe, une technologie dernier cri qui permet de réduire énormément la quantité de filage. «Anciennement, les ambulances contenaient du filage avec des relais et des vieilles technologies, raconte M. Quenneville. En 2010, Urgences-santé a exigé le système multiplexe, un petit cerveau intelligent qui s'occupe de toute la gestion du véhicule. Ce seul changement a permis de réduire le poids du véhicule de 45 kg!»

La répartition assistée par ordinateur

Les véhicules ambulanciers sont équipés de la répartition assistée par ordinateur (RAO), qui automatise le processus et facilite le travail des intervenants. Les ambulanciers paramédicaux ont aussi accès à un ordinateur véhiculaire, une radio voix, une radio communication et un cellulaire dans la partie module de soins afin de rester en communication avec le centre hospitalier vers lequel ils se dirigent.

Le groupe moteur

«On croit souvent que le moteur d'une ambulance est une construction spéciale, étant donné la vocation du véhicule, dit M. Quenneville. C'est une légende urbaine! L'ambulance est simplement un véhicule commercial, un Chevrolet Express 4500, équipé de deux alternateurs et de quatre tuyaux à l'arrière du châssis pour l'assemblement: deux pour l'antigel et deux pour le fréon de l'air conditionné. Mais c'est tout!»

Le rumbler

Caché en avant du véhicule, le rumbler est un nouveau système de haut-parleur ajouté au système des sirènes. Il émet de sons de basse fréquence qui captent plus facilement l'attention des automobilistes, des piétons et des cyclistes. Les autres utilisateurs de la route peuvent ainsi libérer la voie plus rapidement, ce qui permet aux ambulanciers paramédicaux qui conduisent en urgence d'être mieux protégés aux intersections.

EN VRAC

Éclairage

Les ampoules DEL permettent un énorme gain de puissance. «On a économisé entre 45 et 50 ampères, indique Michel Quenneville. Les alternateurs sont moins sollicités, donc plus de pouvoir au moteur, plus d'économie d'énergie et moins de carburant. C'est la somme de tous ces petits changements qui fait une différence.»

Écologie

Les ambulances sont munies d'un système de réduction des émissions par l'urée.

Équipement

Tous les compartiments de l'ambulance sont lettrés, et les équipements contenus dans le véhicule sont enregistrés et «scannés» avec des codes barres.

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CAMION DE POMPIERS > SERVICE DE LA SÉCURITÉ INCENDIE DE BLAINVILLE

«Il existe deux avenues pour acheter un camion de pompiers, indique Sébastien Caya, chef de la division opération et sécurité civile. On peut commander un camion standard et y ajouter quelques options, comme on le fait pour notre voiture, ou on peut le faire construire sur mesure en fonction de nos exigences.»

Comptant un parc de huit camions, le service de la Sécurité incendie de Blainville a choisi la seconde approche. Il a fait appel à Camions Carl Thibault, seul acteur québécois et premier constructeur de la pompe à incendie en 1863.

«Notre service a des besoins particuliers, explique M. Caya. Une ville comme Montréal a un parc beaucoup plus imposant. Même si un camion pompe n'a pas tous les outils, les pompiers savent que le prochain véhicule qui arrivera sur les lieux pourra combler les manques. Blainville compte seulement deux postes. Impossible de se fier aux voisins ou aux autres camions pour obtenir certains équipements. On doit être autosuffisant.»

Chaque détail de ces camions a été pensé et réfléchi en fonction des exigences uniques du service blainvillois. «Notre objectif est non seulement de pouvoir loger les cinq pompiers requis pour une intervention, mais aussi de transporter l'ensemble des équipements qui pourraient être nécessaires sur les lieux, afin de ne pas devoir mobiliser un second véhicule, ce qui augmenterait le délai d'intervention et le risque d'accident.»

EN VRAC

Valeur du camion pompe: 590 000$

Valeur du camion avec échelle de 100 pi: entre 1 000 000 et 15 00000$

Structure: en aluminium pour éviter la rouille.

Éclairage: la cabine d'équipe, le dessous du camion et tous les compartiments sont éclairés aux DEL dans un souci d'économie énergétique.

Roues: en magnésium pour économiser l'essence.

QUELQUES MODIFICATIONS

Le compartiment moteur

Les camions de Blainville ont un moteur turbodiesel Caterpillar de 425 chevaux qui permet de minimiser la taille du véhicule et de réduire les émissions de gaz, sans faire de compromis sur la puissance. «Les deux nouveaux véhicules du poste sont zéro émission, indique M. Caya. Le camion pompe et le véhicule de sauvetage se distinguent effectivement par leur système de réduction des émissions par l'urée, comme on en voit de plus en plus souvent dans les véhicules lourds.»

La pompe en fonte, les tuyaux et le canon

Une énorme pompe tire l'eau de la borne d'incendie et en multiplie la pression jusqu'à 300 lb au bout du tuyau. «On a évidemment des pertes de charge, mais la pompe est assez puissante pour cracher 1050 gallons par minute, précise Sébastien Caya. «Notre camion compte sept sorties de diamètres différents, excluant le canon. Plus c'est gros, plus il y a de la pression, plus la manipulation est difficile pour le pompier. Nos lances varient entre 60 et 125 gallons pour les plus petites, les plus grosses vont jusqu'à 250 gallons et le canon sur le dessus du camion envoie approximativement 700 gallons par minute et a une portée de 100 m.» Le plus important? Comme les pompiers doivent tirer avec précision, la qualité et la constance du jet sont essentielles. «On a des ailettes qui tournent et qui cassent l'eau. Le jet n'est donc pas une ligne droite, mais une foule de petites gouttelettes invisibles à l'oeil nu.»

Le système antiversement

Le conducteur entreprend un virage abrupt? Si le camion détecte que la pression se dirige vers les côtés, le moteur va automatiquement s'arrêter. «Ce n'est pas une innovation exclusive au Québec, mais c'est un petit extra qui nous offre une meilleure sécurité sur la route, explique Sébastien Caya. Nos camions ont été testés sur des tables spéciales afin de voir à quel angle le camion cherche à lever. On a aussi évalué le poids et la répartition des différents équipements afin de les disposer de façon optimale.»

La boîte arrière

Le coffre à outils contient en son centre de 200 à 800 gallons d'eau, une quantité suffisante pour éteindre un feu de cuisinière sans se brancher sur une borne d'incendie. «Notre camion contient également 100 gallons de mousse pour éteindre les feux d'hydrocarbure, ajoute M. Caya. C'est un autre extra qui nous permet d'être autosuffisants.»

La sirène fédérale

Que serait un camion rouge et rutilant sans son timbre caractéristique? «Ce n'est pas tous les camions de pompiers qui ont une sirène fédérale, car elle est assez dispendieuse, reconnaît Sébastien Caya. Certains modèles de luxe peuvent même coûter 15 000$! Mais quand on est un pompier dans l'âme, il est difficile de s'en passer!»




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