(KERRY, Irlande) Face à la déferlante d’utilitaires sept places plus jeunes et parfois plus beaux et l’importance que le Q7 occupe dans son portefeuille de modèles, Audi se devait de réagir. Voilà pourquoi la marque allemande revisite partiellement le Q7 en lui offrant les dernières avancées de la marque en matière de technologies et de connectivité, histoire de faire oublier qu’il n’est pas né de la dernière pluie.

Éric LeFrançois Éric LeFrançois
Collaboration spéciale

C’est l’été. Le temps n’est pas tout à fait clément, pas incertain non plus, un temps que les Irlandais qualifient d’agréable et qu’un Québécois trouverait, en cette saison, carrément épouvantable. Sous le ciel menaçant, se trouve là le Q7, haut perché, massif, puissant, mais étonnamment maniable sur la route.

PHOTO FOURNIE PAR AUDI

À l’arrière, un travail de lissage contribue à rendre un peu moins m’as-tu-vu ce véhicule qui a poussé de quelques centimètres en longueur.

Depuis 13 ans, cet Audi réalise un tour de force. Alors que sa silhouette oblongue devrait en faire un engin plutôt pataud, il parvient à tirer parti de la qualité de son châssis, de son rouage intégral finement réglé et du recours à de multiples assistances électroniques pour afficher une agilité étonnante. Souvent copié, mais rarement égalé, cet utilitaire de luxe, dont la tenue de route n’a pas grand-chose à envier à une berline, connaît jusqu’ici beaucoup de succès. La deuxième génération commercialisée depuis 2015 fait l’objet de multiples raffinements cette année pour repousser une concurrence qui ne cesse de se multiplier (Lincoln Aviator, Cadillac XT6, Kia Telluride, etc.).

Plus d’accélération, moins d'essence

Toujours aussi réjouissant à conduire, cet énorme Audi, qui pèse plus de deux tonnes et dont il suffit d’effleurer l’accélérateur pour le faire bondir – pour peu qu’on retienne les services du V6 –, pousse encore un peu plus fort qu’autrefois. En effet, dans le cadre de cette mise à jour, les motoristes de la marque ont déboulonné le compresseur qui suralimentait le V6 3 litres au profit d’un turbocompresseur qui permet de faire galoper quelques chevaux supplémentaires, certes, mais là n’est pas le plus important. La présence de ce « nouvel accessoire » accroît non seulement de façon notable la plage d’utilisation de cette mécanique (surtout à bas régime), mais aussi entraîne à la baisse la consommation de carburant. Sur ce dernier point, tout le mérite ne revient pas qu’au seul turbocompresseur cependant.

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Le Q7 s’attire des commentaires positifs sur son contenu technologique, son ergonomie étudiée, sa finition exemplaire.

En effet, le Q7 jumelle à sa motorisation V6 un système d’hybridation légère. Un dispositif qui associe au moteur thermique un autre, électrique, alimenté par une batterie sous une tension de 48 volts. L’idée ici consiste à assister le moteur à essence lors des phases d’accélération grâce à la fée électrique. Un hybride fonctionnant sous 48 volts, contribuant à hauteur d’environ 20 chevaux à la propulsion d’un véhicule. Il est moins efficace qu’un hybride classique comme, disons, une Toyota Prius et n’engendre presque aucune sensation d’inertie au freinage. Qu’à cela ne tienne, il peut tout de même réduire de 10 % à 15 % la consommation de carburant, en particulier s’il est utilisé sur des trajets urbains. Une boîte de vitesses automatique à huit rapports lisse parfaitement les accélérations, mais manque toutefois de réactivité lors des relances.

Deux déclinaisons

Le Q7 compte toujours deux déclinaisons à son catalogue. À celle animée du V6 (55), Audi en suggère une autre (45) entraînée par un quatre-cylindres deux litres suralimenté par turbocompresseur. Celle-ci, moins onéreuse à acquérir, ne représente pas dans les faits une aubaine pour autant. Si la puissance est suffisante, cette mécanique se trouve un peu à la peine si toutes les places à bord sont occupées et que le coffre est rempli à ras bord. En outre, ce quatre-cylindres ne permet pas de tracter une charge aussi lourde.

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Le Q7, haut perché, est massif, puissant, mais étonnamment maniable sur la route.

Sur les routes étroites et détrempées du Kerry, le train avant du Q7 est étonnamment réactif et même le rayon de braquage surprend agréablement, aidé il va sans dire par des roues arrière directrices qui améliorent non seulement la maniabilité à faible vitesse, mais la stabilité à haute vitesse.

Pas brutal pour deux sous, plus confortable, surtout lorsque l’option de la suspension pneumatique est cochée, le Q7 se montre impérial grâce à ses barres stabilisatrices actives qui lui assurent une tenue de route difficile à prendre en défaut.

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Avec le Q7, il est possible de tâter des sous-bois détrempés, d’escalader les raidillons ou encore de plonger dans la gadoue.

Avec le Q7, il est possible de tâter des sous-bois détrempés, d’escalader les raidillons ou encore de plonger dans la gadoue. Les consommateurs qui jetteront leur dévolu sur ce nouveau type de véhicule de luxe apprécieront sans doute davantage la sécurité qu’il apporte pour se rendre aux stations de ski que ses aptitudes à s’extraire d’un bain de boue. Forcément, on hésite à s’ébattre dans la nature avec une automobile de près de plus de 60 000 $. Ils ne savent pas ce qu’ils manquent.

Les années technos

À l'extérieur, les modifications sont mineures. La face avant, très verticale – une configuration dictée par les normes de sécurité relatives à la protection des piétons en cas de choc –, renforce cette sensation de massivité que tente d’atténuer la forme effilée des projecteurs et le style, volontairement plus dépouillé, des autres éléments de la proue. À l’arrière, le même travail de lissage contribue à rendre un peu moins m’as-tu-vu ce véhicule qui a poussé de quelques centimètres en longueur.

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Vue du coffre de l'Audi Q7

Même s’il est un brin plus long (dessin des nouveaux carénages), le Q7 n’améliore pas son habitabilité. Aux deux premières rangées, ça va. « Au fond du bus », comme disent les écoliers, c’est plus compliqué. Difficiles à atteindre, comme de s’en extraire, ces places n’offrent aucun plaisir autre que celui de pouvoir s’appuyer le menton sur les genoux…

Le Q7 s’attire des commentaires plus positifs sur son contenu technologique, son ergonomie étudiée, sa finition exemplaire. Il suffit d’en prendre le volant pour constater que, dans le trafic urbain, il n’est pas rare que l’on vous cède spontanément le passage. Ajouté à la sensation que procure le fait d’être assis bien plus haut que tout le monde, ce rapport de force psychologique n’en participe pas moins à l’attrait qu’exerce de facto ce genre de modèle, même si peu de propriétaires de gros VUS de luxe l’admettent ou le reconnaissent.

SEPT PLACES, VRAIMENT ?

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L’Audi Q7, un véhicule sept places ? Plus ou moins…

Pour se démarquer de la concurrence, plusieurs utilitaires s’enorgueillissent aujourd’hui de pouvoir héberger jusqu’à sept passagers. Cette offre alléchante séduit de nombreux parents qui rêvent de conduire leurs enfants et leurs petits amis à la montagne, à l’école ou au terrain de balle. Pour de petits parcours, ceux-ci s’accommoderont de l’inconfort souvent notoire de ces sièges supplémentaires inaccessibles. Mais pour les longs voyages, le problème demeure entier : impossible de transporter sept passagers et leurs bagages. Ces derniers doivent trop souvent rester sur le trottoir.

CHEF DE FAMILLE

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Le Q7 partage la majorité de ses composants avec bon nombre de filiales du groupe VW.

Le Q7 partage la majorité de ses composants avec bon nombre de filiales du groupe VW. Son architecture (nom de code MLB) est en effet identique à celle du Q8 (RS Q8 illustré), mais aussi du Bentley Bentayga, du Lamborghini Urus, du Porsche Cayenne et du Volkswagen Touareg (non commercialisé sur nos terres).

Les frais d’hébergement liés à ce reportage ont été payés par Audi Canada.

FICHE TECHNIQUE

Moteur

(45) L4 DACT 2 litres suralimenté

248 chevaux à 5100 tr/min

273 lb-pi à 1750 tr/min

(55) V6 DACT 3 litres suralimenté

335 chevaux entre 5000 et 6400 tr/min

369 lb-pi entre 1370 et 4500 tr/min

Performances

Rapport poids/puissance : 8,64 kg/ch (2 litres) – 6,67 kg/ch (3 litres)

Accélération : 7,5 secondes (2 litres) – 6,1 secondes (3 litres)

Capacité de remorquage maximale : 1995 kg (2 litres) – 3993 kg (3 litres)

Boîte de vitesse

De série : automatique 8 rapports

Optionnelle : aucune

Pneus

255/60R18 (2 litres)

255/55R19 (3 litres)

Capacité du réservoir et essence recommandée

85 litres

Super

Consommation

12,3 L/100 km (3 litres)

11 L/100 km (2 litres, donnée du constructeur)

Dimensions

Empattement : 2994 mm

Longueur : 5063 mm

Hauteur : 1741 mm

Largeur : 1970 mm