Clarifions une chose d’entrée de jeu : personne n’a réellement besoin de posséder une BMW décapotable de 130 000 $. Ce genre de création ne permettra pas non plus au constructeur bavarois de faire gonfler les dividendes versés à ses actionnaires. La M850i Cabriolet existe essentiellement pour une seule raison : cimenter l’image de marque de BMW autour de l’opulence. Mais qu’obtient-on vraiment en échange de cette somme rondelette ?

Charles René Charles René
La Presse

SON DESIGN

PHOTO FOURNIE PAR BMW

Si les optiques et le long et bas capot sont très bien réalisés, la calandre paraît un peu trop insistante visuellement.

Avec le retour de la Série 8, BMW a choisi de faire revivre le nom d’un véhicule qui n’a pas réellement eu une immense résonance dans l’histoire de la marque. Qu’à cela ne tienne, cette nouvelle mouture soigne son rang privilégié avec des lignes fort gracieuses. Longiligne – elle mesure à peine 9 cm de moins qu’une Série 5 –, elle présente un profil somme toute assez simple avec sa ligne supérieure continue. Ce n’est heureusement pas perturbé par le toit souple, qui se rabat entièrement. La partie avant prête plus à débat. Si les optiques et le long et bas capot sont très bien réalisés, la calandre paraît un peu trop insistante visuellement. La poupe est sans conteste la partie visuelle la plus élégante, avec ses feux filiformes qui se poursuivent sur le coffre, mais surtout son aspect costaud. Elle a le panache de l’emploi.

À BORD

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Le conducteur et le passager avant sont en outre accueillis par des sièges très bien sculptés, encourageant les longues randonnées automnales.

Comme c’est souvent le cas avec les coupés de grand tourisme, la grandeur de l’habitacle cède le pas au design extérieur. Les places arrière sont ainsi plus ou moins utilisables, une source d’irritation qui étonne toujours, compte tenu des grandes dimensions de cette Série 8. Le conducteur et le passager avant sont en outre accueillis par des sièges très bien sculptés, encourageant les longues randonnées automnales. Aucune critique sur le dégagement pour les jambes et la tête. L’atmosphère fait dans le très chic avec une finition rigoureuse et l’utilisation de cuir de grande qualité pour tapisser la planche de bord, mais aussi le choix de matières qui incluent de belles essences de bois. BMW retient toujours des touches physiques pour le système de climatisation, ce qui diminue la complexité des manipulations.

SOUS LE CAPOT

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Une seule motorisation est au menu, et c’en est toute une. C’est un V8 à deux turbocompresseurs au centre du V retravaillé développant 523 ch (de 5500 à 6000 tr/min).

Une seule motorisation est au menu, et c’en est toute une. C’est un V8 à deux turbocompresseurs au centre du V retravaillé développant 523 ch (de 5500 à 6000 tr/min). Il a sans conteste les qualités nécessaires, à savoir une immense poigne laissant place à une grande douceur lorsque le rythme diminue. Sa prodigieuse souplesse, ce qui n’est pas peu dire avec près de 2200 kg à déplacer, est appuyée par une tout aussi prodigieuse boîte automatique ZF à huit rapports et par un bon rouage intégral. Cela dit, ça demeure un V8 sans appui hybride, ce qui est inévitablement anachronique. Il y a aussi sa sonorité, assez haute en fréquence pour un V8, qui cherche son éloquence au moyen de détonations artificielles, harassantes lorsque le toit est rabattu.

DERRIÈRE LE VOLANT

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Cette Série 8 Cabriolet excelle dans sa mission de grand tourisme. Sa direction taille avec précision les virages et permet une belle agilité à basse vitesse grâce aux roues arrière directionnelles.

Le modèle qui devançait cette Série 8, la Série 6, n’a jamais réellement rempli ses promesses sur son comportement, se plaçant loin des meilleurs opus du constructeur. Nous avions donc des attentes modérées en ce sens. La migration vers cette nouvelle plateforme a fait un immense bien à ce coupé phare de BMW. Cette Série 8 Cabriolet excelle dans sa mission de grand tourisme. Sa direction taille avec précision les virages et permet une belle agilité à basse vitesse grâce aux roues arrière directionnelles. Pour une voiture décapotable, le châssis présente aussi une belle rigidité, ce qui appuie le travail irréprochable des amortisseurs actifs qui transforment, selon les réglages personnalisés, le comportement de manière tangible. Le freinage est facilement modulable et mordant. Cette Série 8 est réellement un délice.

TECHNOLOGIES EMBARQUÉES

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Rang hiérarchique oblige, cette Série 8 obtient la version la plus aboutie du système d’infodivertissement iDrive qui s’étale sur un écran central de 12,3 po et un écran numérique d’instrumentation de 10,3 po.

Rang hiérarchique oblige, cette Série 8 obtient la version la plus aboutie du système d’infodivertissement iDrive qui s’étale sur un écran central de 12,3 po et un écran numérique d’instrumentation de 10,3 po. Ceux-ci permettent d’enjoliver l’habitacle avec une bonne définition et des menus qui plaisent à l’œil. On se promène d’un menu à l’autre au moyen d’une molette précise dans ses mouvements ou par l’écran tactile. Un peu comme chez Mercedes, la prise en main est toutefois loin d’être facile. Les sous-menus sont trop nombreux. De plus, le véhicule essayé ne disposait pas d’Apple CarPlay, une option que l’on doit maintenant payer 100 $ annuellement après la fin de la période d’essai d’un an. Le régulateur de vitesse adaptatif n’est également pas proposé de série, ce qui est difficilement acceptable.

VERDICT

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Ce n’est pas la création la plus expressive, mais elle brille dans cette impression intangible d’aplomb dans plusieurs contextes et sa capacité, grâce à son toit souple, d’égayer les trajets.

La Série 8 Cabriolet est de toute évidence un objet foncièrement de luxe, un statut qui n’en fait pas par défaut une bonne voiture. Ce sont plutôt ses qualités intrinsèques, à savoir un comportement routier parfaitement dosé pour sa mission et ses lignes extérieures raffinées, qui permettent d’atteindre un niveau inattendu de brillance. Bon, ce n’est pas la création la plus expressive, en raison, entre autres, de son V8 un peu taciturne dans son rendu malgré ses performances exceptionnelles, mais elle brille dans cette impression intangible d’aplomb dans plusieurs contextes et sa capacité d’égayer les trajets. Il y a aussi sa transmission intégrale qui permet une utilisation quasi annuelle. Ce n’est pas une voiture parfaite, en raison de son aspect pratique limité et de son prix assez élevé, mais c’est une sacrée bonne voiture.

CARNET DE NOTES

Les demi-tours facilités - Les roues arrière directionnelles de la Série 8 permettent de diminuer le rayon de braquage du cabriolet en tournant dans le sens opposé des roues avant jusqu’à un angle de 2,5 degrés.

Le vent pas trop intrusif - Le pare-brise assez profilé ainsi que le dessin des glaces latérales permettent un bon écoulement d’air autour de l’habitacle. On doit cependant placer un filet derrière le conducteur et le passager avant pour diminuer les turbulences.

Quel coffre ? - Le coffre arrière de 280 L est presque entièrement occupé par le mécanisme du toit lorsque celui-ci est rabattu, ce qui diminue l’aspect pratique, mais garde lisse la ligne du coffre arrière.

Des accélérations exceptionnelles - Avec un 0-100 km/h estimé à 4 s par BMW, cette Série 8 Cabriolet décoiffe (pour ne pas faire de jeu de mots).

Chauffe-cou en prime - Offertes dans un groupe d’options, les buses placées sous les appuie-têtes avant peuvent souffler de l’air chaud, ce qui rend les promenades automnales plus agréables.