La division M de BMW a créé nombre d’opus légendaires. On a qu’à penser à la supervoiture M1 ainsi qu’aux M3 et M5 qui ont réécrit la définition même de voiture sportive. Mais, au-delà de ce statut privilégié, ces sorciers en quête de vitesse sont reconnus pour leur capacité à tisser une connexion humain-machine extraordinaire. Le X3 M, mis à l’essai cette semaine, est leur premier VUS compact. Un modèle qui remet en question à son tour les paradigmes des VUS compacts.

Charles René Charles René
La Presse

Son design

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Le BMW X3 M

Respectant rigoureusement la méthode M appliquée depuis des lunes, ce X3 M nécessite un œil avisé pour assimiler son statut. Le bouclier avant est sans doute l’élément le plus reconnaissable, un vrai fromage gruyère composé de cinq grands orifices découpés pour assurer l’efficience aérodynamique ainsi que faire respirer correctement son bouillant moteur biturbo. De côté, la livrée M Competition mise à l’essai enfile de grandes jantes de 21 po sur de gros étriers avant bleus à quatre pistons. Il est légèrement plus bas que le X3 de série, 10 mm tout au plus, ce qui ajoute, de concert avec les porte-à-faux courts, un aspect bien appuyé pour un véhicule qui ne renie pas ses origines de VUS dans sa ligne de toit haute. En poupe, c’est l’incontournable diffuseur alvéolé et les quatre pots d’échappement qui rappellent sa filiation M.

À bord

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Le BMW X3 M

Le X3 M annonce ses couleurs au moyen de baquets ajustables excessivement soutenants, tant au niveau de l’assise que du dossier. Un logo M illuminé sur l’appui-tête ajoute un détail intéressant au rendu, rappelant son statut particulier. Du reste, c’est très semblable à un X3 garni d’une bonne dose d’équipements. La planche de bord multiplie l’usage de trapèzes d’angles variés et la facture est sobre avec l’usage de plastiques souples et de moulures personnalisables de bois, fibre de carbone et d’aluminium. Les matières ne sont pas aussi nobles que dans le X5, mais c’est bien plus convaincant que la génération précédente. Côté habitabilité, ce X3 est généreux sur le volume. Le dégagement pour les jambes est excellent à l’avant, mais un peu moins bon à l’arrière. Le coffre de 550 L est dans la moyenne du segment, mais les dossiers ne se rabattent pas entièrement à plat.

Sous le capot

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Le BMW X3 M

Comme quoi les priorités ont résolument changé à la division M, le X3 M obtient les services d’un tout nouveau six-cylindres en lignes de 3 L biturbo avant même son utilisation dans les modèles emblématiques M3 et M4. Codé S58B30, il produit 473 ch ou 503 ch. C’est la déclinaison la plus puissante qui a été mise à l’essai. D’abord, inutile d’intellectualiser la chose ici, ce six-cylindres transforme ce X3 M en un redoutable VUS de haute performance. Le véhicule s’élance de sa position statique avec une énergie redoutable. Sa poussée est maintenue jusqu’au régime maximal de 7200 tr/min, une prouesse de constance pour un moteur turbocompressé. La boîte automatique ZF, un peu handicapée par un sélecteur de vitesses peu intuitif, exerce une influence tangible sur les accélérations, estimées par BMW à 4,1 s pour le 0-100 km/h.

Derrière le volant

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Le BMW X3 M

Comme le X5 M nous l’a appris, BMW sait comment mettre au point un châssis de VUS dynamique. Avec 300 kg de moins à traîner que son grand frère, le X3 M pèse tout de même 2171 kg, toutefois parfaitement répartis (49,9 : 50,1). C’est l’un des éléments qui permettent d’expliquer comment un véhicule si haut et si lourd arrive à si bien négocier un tracé tortueux. Les pneus d’hiver du X3 M Competition essayé n’aidant pas à flirter avec les limites réelles d’adhérence, on sent néanmoins que cette plateforme est excessivement efficace. Il s’inscrit en virage avec poigne et en ressort en chassant légèrement du train arrière grâce au paramétrage finement étudié de sa transmission intégrale. C’est réellement bluffant. La direction est un exemple de précision et de progressivité dans l’assistance, l’une des meilleures essayées dernièrement chez BMW. Le freinage est puissant, voire trop mordant en conduite urbaine.

Les technologies embarquées

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Le BMW X3 M

Étant d’abord un objet de luxe passablement coûteux, le X3 M doit inévitablement soigner son côté technologique. Sur cet aspect, le travail est assez bien fait. Cette dernière génération du iDrive a beau constituer un recul sur le plan de l’intuitivité, elle répond rapidement et bien aux commandes. BMW a choisi d’utiliser plus de touches physiques que la concurrence allemande et dispose d’une bonne molette de navigation. L’écran central étale une excellente définition de l’image, ce qui rend sa consultation facile, à tous les moments du jour. Pour le moment, seul Apple CarPlay est proposé, mais ne peut être activé que si le téléphone est amarré au moyen d’une connexion Bluetooth, chose qui semble rendre l’amarrage instable par moments. Le bloc de commandes numérique est pour sa part une réussite, mais n’offre pas l’aspect énormément configurable que l’on retrouve chez Audi.

Verdict

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Le BMW X3 M

Un VUS de haute performance est sans doute l’une des plus grandes hérésies en automobile. Ce type de véhicule doit constamment masquer son poids et son centre de gravité élevé, ce qui nécessite une somme d’énergie importante pour atténuer ce déficit. Puissant et agile, le X3 M demeure cependant digne de ce statut et étale un habitacle raffiné et bien ficelé. Il nous pénalise cependant avec la fermeté de l’amortissement et une consommation assez élevée de son moteur. Côté prix, la facture semble escarpée, mais à 85 700 $, il est plus accessible dans sa version de série que les Mercedes-AMG GLC 63 S et Alfa Romeo Stelvio Quadrifoglio avec un potentiel de performance très proche. Cela dit, la livrée M40i du X3, beaucoup moins onéreuse, est plus équilibrée dans son ensemble, mais n’a certes pas l’aura d’un vrai modèle M. D’ailleurs, le X3 M l’a-t-il réellement lui-même ?

Carnet de notes

La même puissance que le GLC 63 : Comme quoi la concurrence est vive, BMW indique une puissance de 503 ch pour la livrée M Competition, ce qui est exactement la même puissance que le Mercedes-AMG GLC 63, qui doit cependant retenir les services d’un V8 biturbo pour atteindre ce résultat.

Une question de son : Face au V6 du Stelvio Quadrifoglio ou au V8 du GLC 63, le six-cylindres en ligne du X3 M n’a pas une aussi grande musicalité sur le plan sonore, malgré sa puissance tout à fait comparable.

Des ajustements au bout des doigts : Élément intéressant proposé sur tous les modèles M, deux touches rouges sont placées sur le volant permettant de préconfigurer deux modes de conduites, selon une série de paramètres, et les sélectionner rapidement.

Prêt pour la Competition, ou presque : La version Competition se distingue essentiellement de la M de série par de légères différences sur le plan esthétique (calandre noire, jantes, échappement) et la puissance plus élevée du moteur (503 ch). Les deux versions disposent d’une quincaillerie de refroidissement pour soutenir une utilisation sur piste, selon BMW.

Un peu de parfum pour la route : L’automobile se vend beaucoup par l’expérience d’utilisation, ce qui a poussé BMW à ajouter un diffuseur de parfum dans le véhicule pour créer une ambiance différente.

Fiche technique

Version à l’essai : X3 M Competition

Prix (avec options, transport et préparation) : 101 395 $

Moteur : L6 DACT 3 L biturbo

Puissance : 503 ch à 6250 tr/min

Couple : 442 lb-pi de 2600 à 5600 tr/min

Transmission : Automatique à huit rapports avec mode manuel

Architecture motrice : Moteur longitudinal avant, transmission intégrale

Consommation (ÉnerGuide) : 14,6 L/100 km (super)

Concurrents directs : Alfa Romeo Stelvio Quadrifoglio, Mercedes-AMG GLC 63 S, Jaguar F-Pace SVR

Du nouveau en 2020 ? : Nouvelle version M