(Francfort) Le constructeur automobile allemand BMW a abaissé mardi ses principales prévisions de rentabilité face à une crise du coronavirus plus longue qu’attendue et des ventes « qui ne se normalisent pas en quelques semaines ».

Agence France-Presse

Le groupe, qui doit dévoiler mercredi ses résultats du premier trimestre, s’attend désormais pour sa branche automobile à une marge d’exploitation entre 0 % et 3 % en 2020, contre 2 % à 4 % annoncé auparavant, ajoutant que l’incertitude du pronostic est « grande ».

Pour la branche motos, BMW s’attend à des ventes « nettement inférieures » au niveau de l’année passée et une rentabilité opérationnelle entre 3 % et 5 % contre des ventes en légère baisse et une marge de 6 % à 8 % annoncées en mars.

Le groupe n’a pas abaissé son objectif de bénéfice imposable, prévoyant déjà depuis mars un chiffre « nettement inférieur » à 2019. Il avait également déjà annoncé des ventes automobiles en forte baisse.

« Les mesures pour limiter la propagation de la pandémie de coronavirus dans un grand nombre de marchés durent plus longtemps et ont des effets plus importants que cela était prévisible mi-mars », explique l’entreprise bavaroise dans un communiqué.

« Les ventes dans ces marchés ne se normalisent pas comme attendu en quelques semaines », ajoute BMW.

Les ventes automobiles se sont effondrées dès mars dans les principaux marchés européens, où les mesures restrictives destinées à freiner la propagation du virus ont mis à l’arrêt de vastes pans de la vie quotidienne.

En avril, les immatriculations de voitures neuves ont fondu de 97 % au Royaume-Uni et en Italie, et de 89 % en France.

« L’impact négatif sera particulièrement fort au deuxième trimestre », précise encore le groupe, qui a fermé pendant plusieurs semaines ses usines à cause de la crise sanitaire.

L’année passée, BMW a vu son bénéfice net reculer de 29 %, à 5 milliards d’euros, plombé par de lourdes provisions pour risques juridiques de 1,4 milliard et une hausse des investissements dans un environnement économique morose, malgré un chiffre d’affaires record de 104 milliards d’euros.