(Miami) Feu de paille ou départ en trombe, on ne tardera pas à savoir. Genesis, marque de luxe sud-coréenne, compte désormais un utilitaire dans ses rangs. Le GV80, c’est son nom, est, de l’aveu, de ses concepteurs, l’ambassadeur parfait pour ébranler les grandes signatures du marché du luxe automobile.

Éric LeFrançois Éric LeFrançois
Collaboration spéciale

Pratiquement inconnue au Canada, cette signature doit permettre au premier groupe automobile sud-coréen d’atteindre l’Everest automobile où ne siègent, jusqu’ici, que de vénérables firmes européennes et américaines et une poignée de jeunes pousses japonaises.

Pourtant, aux yeux de nombreux analystes du secteur automobile, Genesis donne l’impression d’avoir totalement raté sa sortie, une présomption qui agace le directeur de la marque de luxe sud-coréenne, Richard Trevisan.

Nous innovons dans plusieurs domaines et nous avons volontairement préféré démarrer lentement pour nous assurer que nous allions livrer les expériences promises à nos clients.

Richard Trevisan, directeur de Genesis

« Parmi celles-ci, on retrouve notamment notre politique à prix fixe, notre service d’entretien sur une période de cinq ans ou encore l’absence de frais de transport et de préparation », ajoute M. Trevisan.

Distinction

Le GV80 préserve les attributs de la marque, mais inaugure également son nouveau vocabulaire esthétique, lequel est symbolisé notamment par les deux traits des phares. La surenchère technologique constituant maintenant une figure imposée pour tout modèle de haut de gamme, Genesis n’a pas lésiné. Le GV80 se présente comme le premier véhicule à disposer d’un coussin de sécurité gonflable central (entre les occupants des places avant) ou encore d’un régulateur de vitesse faisant appel à l’intelligence artificielle pour dupliquer le comportement de celui ou celle qui se trouve au volant. Pour prétendre jouer dans la cour des grands, il faut aussi raconter une histoire. Celle de Genesis, créé en 2015, est trop récente pour donner corps à une grande saga du genre Lincoln ou Mercedes. Alors, la marque en rajoute dans la symbolique et s’emploie à nimber le GV80 d’une aura de zénitude, d’humilité et de persévérance sud-coréenne.

Ce nouveau modèle, dont les premières livraisons sont prévues pour l’été, dérive techniquement des récents Hyundai Palisade et Kia Telluride, qui appartiennent au même groupe. À lui seul, le GV80 promet de doubler les ventes de ce constructeur en sol canadien. Le carnet de commandes, ouvert lors du dernier Salon de l’Auto de Montréal, se noircit à bon rythme, mais la direction de la marque se refuse d’avancer des chiffres dans la mesure où les consommateurs qui ont déjà versé un dépôt (1000 $) peuvent le retirer à tout moment.

L’arrivée du GV80 portera à quatre le nombre de véhicules au catalogue de Genesis, dont les produits sont visibles dans certains aéroports et centres commerciaux canadiens. Une présence discrète qui ne va visiblement pas durer, reconnaît Richard Trevisan. D’une part, la marque de prestige de Hyundai compte, d’ici les 14 prochains mois, ajouter un utilitaire compact et un véhicule électrique à sa gamme. D’autre part, à partir de l’été, la marque inaugurera un centre de service à London, Ontario. « La stratégie des petits pas », sourit M. Trevisan. Un concept appelé à se répandre dans d’autres villes.

L’année dernière, Genesis a écoulé 1119 exemplaires au Canada, une hausse de 15,7 % par rapport à 2018.

Les frais associés à ce reportage ont été payés par Genesis Canada.