Près de deux ans après ses débuts au Canada, la Honda Clarity se trouve dans une position anormale. Avec la fin de vie précipitée de la Chevrolet Volt, la compacte n’a plus de rivale directe. La démocratisation des véhicules entièrement électriques fait aussi indirectement pression sur elle, puisqu’ils s’approchent dangereusement de sa tranche de prix avec des arguments de plus en plus convaincants. Parmi tout ça, sa proposition demeure-t-elle toujours légitime ?

Charles René Charles René
La Presse

DESIGN

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La Clarity ne peut être qualifiée de beauté naturelle, c’est indéniable. Ici, la forme est dictée par la fonction pour offrir le moins de résistance possible à l’air.

Les goûts ne se discutent pas, c’est l’évidence même, surtout en automobile. La Clarity ne peut toutefois être qualifiée de beauté naturelle, c’est indéniable. À sa décharge, elle n’a jamais aspiré à le devenir. Ici, la forme est dictée par la fonction pour offrir le moins de résistance possible à l’air. Tout est dans les détails : de petites ouvertures devant les roues avant et arrière font dévier le flux d’air par-dessus celles-ci, les piliers arrière sont très semblables aux piliers avant (positionnés à l’envers) pour diminuer les turbulences. Même les feux arrière ont été dessinés pour favoriser l’écoulement d’air. L’élément le plus caractéristique de cette Clarity demeure sans doute ses roues arrière semi-carénées, un peu à la manière des Citroën DS de l’époque, un élément de plus qui appuie cette efficacité aérodynamique.

À BORD

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La plus grande force de cette Clarity demeure l’aspect aéré et peu chargé de la présentation générale, appuyée par une ligne de toit haute. C’est simple, moderne et composé de matières de bonne qualité et bien assemblées.

La Clarity est actuellement la berline la plus imposante offerte par Honda par un cheveu – 13 mm de plus que l’Accord, pour être plus précis. Cet état des choses peut être facilement oublié en raison de ses lignes complexes. Qu’à cela ne tienne, cela se traduit par un habitacle spacieux. Les places avant sont accueillantes, mais pourraient être plus généreuses sur le plan du dégagement des jambes. Les sièges, confortables, nécessitent des ajustements mécaniques, malgré le prix de la version Touring essayée (45 870 $). La plus grande force de cette Clarity demeure l’aspect aéré et peu chargé de la présentation générale, appuyée par une ligne de toit haute. C’est simple, moderne et composé de matières de bonne qualité et bien assemblées. Et les places arrière sont réellement impressionnantes.

SOUS LE CAPOT

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Le moteur électrique de 181 ch et 232 lb-pi de couple fournit l’essentiel de l’effort. Il est appuyé par un quatre-cylindres de 1,5 L à cycle Atkinson de 99 ch.

Le groupe motopropulseur de la Clarity est composé d’un moteur électrique de 181 ch et 232 lb-pi de couple qui fournit l’essentiel de l’effort. Il est appuyé par un quatre-cylindres de 1,5 L à cycle Atkinson de 99 ch qui a deux mandats : générer de la puissance lors de fortes accélérations (pour atteindre les 212 ch) et alimenter en énergie la batterie de 17 kWh. Aucune transmission n’est employée, l’entraînement se fait directement par le moteur électrique principal. La prestation est bien convaincante dans son ensemble. Le silence en mode électrique plaît. Il s’est étiré sur 72 km dans des conditions quasi parfaites au cours de l’essai routier. Le moteur thermique entre néanmoins en scène de manière un peu rugueuse après un délai trop long lors de reprises. C’est moins fluide que les systèmes hybrides de Toyota.

DERRIÈRE LE VOLANT

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La Clarity pèse 1843 kg, soit 410 kg de plus qu’une Honda Accord de série. La berline montre malgré tout un bel aplomb sur l’autoroute et une insonorisation impeccable.

La Clarity pèse 1843 kg, soit 410 kg de plus qu’une Honda Accord de série. La berline montre malgré tout un bel aplomb sur l’autoroute et une insonorisation impeccable. Si on décide par la suite d’emprunter une bretelle avec un peu plus d’entrain, on constate que la direction place avec précision la voiture, mais ne peut évidemment pas contrer le sous-virage accentué autant par le poids que par les pneus à faible coefficient de résistance. Du reste, cette masse importante se ressent essentiellement dans le comportement de l’amortissement. Le système de freinage régénératif est facile à moduler. L’accumulation d’énergie en décélération, contrôlable au moyen de palettes au volant, n’est cependant pas à point. On doit constamment l’actionner, chose qui n’était pas le cas sur la Chevrolet Volt, qui permettait le freinage à un pied.

TECHNOLOGIES EMBARQUÉES

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Basé sur un écran tactile de 8 po, le système d’infodivertissement de la Clarity est à la traîne autant sur le design de ses menus que sur la réponse aux commandes.

Malgré son positionnement qui met de l’avant son avancement technologique, la Clarity ne dispose pas d’un système d’infodivertissement dernier cri. Basé sur un écran tactile de 8 po, ce système est à la traîne autant sur le design de ses menus que sur la réponse aux commandes. Il n’est pas entièrement coulant, mais il est plutôt intuitif dans son ensemble. Honda aurait eu avantage à développer une différenciation plus marquée avec les autres modèles de la marque avec des menus propres à la Clarity. L’instrumentation numérique, calquée sur celle de la Civic, demeure une référence dans sa clarté et l’intégration d’informations importantes. Côté sonorité, on doit d’abord négocier avec l’absence d’une molette de volume pour découvrir une chaîne audio trop générique dans son rendu avec sa faible puissance de 180 watts.

VERDICT

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Grâce à sa grande autonomie électrique, la Clarity bénéficie également de rabais gouvernementaux totalisant 13 000 $ lorsqu’on additionne les mesures incitatives fédérales et provinciales.

La plus grande force de la Clarity réside dans le fait qu’elle n’exige pas de réelles concessions dans son utilisation. Son autonomie électrique (72 km au cours de l’essai) est fort réaliste pour une utilisation quotidienne et la motorisation à essence intervient par la suite pour permettre jusqu’à 547 km au total. C’est aussi un véhicule fort agréable en usage quotidien avec un habitacle et un coffre amplement volumineux. Grâce à sa grande autonomie électrique, la Clarity bénéficie également de rabais gouvernementaux totalisant 13 000 $ lorsqu’on additionne les mesures incitatives fédérales et provinciales. Si vous pouvez passer par-dessus son design controversé et son expérience de conduite moins invitante que les autres voitures du constructeur, elle devrait inévitablement faire partie de votre courte liste de prétendantes.

CARNET DE NOTES

S’adapter aux contextes : La Clarity propose trois modes de conduite qui font varier le comportement du groupe motopropulseur. Un quatrième mode, nommé HV, permet de mettre en marche le moteur thermique pour recharger plus rapidement la batterie, en prévision par exemple d’une conduite urbaine.

Mais où est le hayon ? La ligne arrière de toit semble suggérer la présence d’un hayon, ce qui n’est pas le cas. Le couvercle du coffre s’ouvre de manière traditionnelle pour une berline et Honda a dû découper une ouverture vitrée dans celui-ci pour permettre une meilleure visibilité arrière.

Mécanique frugale : Lorsqu’il est en fonction, le petit quatre-cylindres est particulièrement sobre, ce qui s’est traduit par une consommation de près de 5 L/100 km au cours de l’essai routier. Cela dit, le petit réservoir d’essence de 26,5 L limite l’autonomie totale.

Une question de recharge : La recharge de la batterie de la Clarity prendra environ 12 heures sur une prise domestique de 120 V. Cela s’abaisse à 2 h 30 min sur une fiche de 240 V. On ne peut brancher la Clarity sur une borne de recharge rapide.

HondaLink de série : La Clarity est outillée de série de l’application HondaLink qui permet de suivre en temps réel la recharge au moyen d’un téléphone intelligent, en plus de pouvoir préprogrammer la température de l’habitacle à distance.

FICHE TECHNIQUE

Version à l’essai : Touring

Prix (avec options) : 45 870$

Moteur : Moteur électrique + quatre-cylindres DACT 1,5 L

Puissance : 212 ch à 5500 tr/min (moteur électrique et essence combinés)

Couple : 232 lb-pi (moteur électrique seul)

Transmission : directe à rapport fixe

Architecture motrice : système hybride rechargeable, roues motrices avant

Consommation (ÉnerGuide) : 5,6 L/100 km (lorsque le moteur à essence est en fonction)

Concurrentes directes : Aucune

Du nouveau en 2019 ? : Aucun changement majeur

Pour en savoir plus : https://www.honda.ca/clarity_fr