(NOUVELLE-ORLÉANS, Louisiane) La plupart des petites urbaines s’efforcent de ressembler au modèle de la gamme supérieure. Comme écrasés par l’enjeu, leurs concepteurs cherchent d’abord à ne pas déplaire. Le Venue de Hyundai joue une partition différente. Soucieux de rallier une clientèle jeune, urbaine et qui sait compter, le nouvel utilitaire de Hyundai mise sur son allure décalée, ses couleurs pimpantes et ses accessoires pour satisfaire les petits budgets.

Éric LeFrançois Éric LeFrançois
Collaboration spéciale

Avec son capot court encadré de deux phares sous-dimensionnés et ses porte-à-faux ultra-réduits, le Venue se présente comme un objet paradoxal. L’idée est de proposer un véhicule compact et haut, afin de gagner en habitabilité. Ce cahier des charges est respecté. Dommage que, pour l’essentiel, le gain de place se situe au-dessus de la tête des occupants et ne présente pas un avantage décisif.

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Hyundai s'attaque au marché des petits VUS avec son Venue.

De ce véhicule monovolume, on peut dire qu’il a hérité d’une « bonne bouille », en dépit d’une calandre à l’allure d’un « coupe-frites ». Original, mais un brin artificiel, le Venue s’en sort bien avec sa silhouette cambrée qui permet à sa ligne de conserver un certain équilibre. Il y a quelque chose d’attachant dans son côté « tape-à-l’œil » avec ses teintes acidulées ou bicolores, qu’il assume avec bonne humeur.

Son air débonnaire évoque un peu la Mini du groupe BMW. Archétype de l’automobile conçue de l’intérieur vers l’extérieur, le Venue propose une silhouette tout en verticalité portant de larges surfaces vitrées, les flancs presque lisses, mais les roues plantées aux quatre coins de la carrosserie visent à dégager un espace habitable maximal pour un encombrement minimal. Il s’agit de chasser sur les terres des modèles à vocation urbaine tout en évitant de piétiner les plates-bandes du Tucson.

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Le Venue offre une prise au roulis modéré et filtre plutôt bien les irrégularités de la route, mais a maille à partir avec les joints d’expansion qui la font sautiller.

À l’avant, les sièges offrent un confort raisonnable, sans plus. Assis en position légèrement surélevée, le conducteur dispose d’une vision bien dégagée. Le levier de vitesses, installé à la base du tableau de bord, tombe naturellement sous la main. Comme les principales commandes, d’ailleurs. Le passager aurait sans doute aimé bénéficier lui aussi d’un coussin réglable en hauteur, mais, bon, on ne peut visiblement pas tout avoir. Les espaces de rangement sont nombreux, mais pas tous pratiques, et la qualité des matériaux varie selon la livrée.

Deux adultes corpulents s’installent sans mal aux places arrière où la découpe du pavillon permet de disposer d’un espace appréciable au-dessus de la tête. Celles-ci se révèlent suffisamment spacieuses pour voyager sans devoir consulter d’urgence un massothérapeute à l’arrivée.

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Avec son capot court encadré de deux phares sous-dimensionnés et ses porte-à-faux ultra-réduits, le Venue se présente comme un objet paradoxal.

L’assise est courte, le support presque inexistant, mais le dégagement pour les jambes et les genoux demeure plus que satisfaisant par rapport à d’autres véhicules inscrits dans cette catégorie.

Modèle à vocation plus résolument familiale qu’une petite berline, le Venue ne dispose pas, hélas, de quelques astuces d’aménagement, comme la banquette arrière dotée d’une place centrale ou les rangements cachés sous l’assise du siège du passager avant et dans le plancher de certains concurrents. En revanche, en matière d’accessoires, cette Hyundai ne manque de rien et, selon la déclinaison choisie, l’acheteur peut bénéficier de plusieurs petites douceurs comme le volant chauffant ou encore la climatisation automatique.

Une proposition honnête

Élaboré à partir de la plate-forme de l’Accent, le Venue, qui fait également carrière en Australie et en Inde, offre une prise au roulis modéré et filtre plutôt bien les irrégularités de la route, mais a maille à partir avec les joints d’expansion qui le font sautiller.

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La présence de « seulement » deux roues motrices est un choix fonctionnel et contribue aussi à réduire (un peu) le budget carburant et à tirer les tarifs vers le bas.

Ceux-ci mettent en exergue sa faiblesse à isoler la cabine des bruits extérieurs et sa vulnérabilité face aux nids-de-poule. En toute franchise, sur pareil revêtement, le Venue ne fait pas pire que ses concurrents. Tout rentre dans l’ordre aussitôt que ses roues rencontrent une route un tant soit peu bien asphaltée. La qualité de l’insonorisation, en revanche, étonne et s’apprécie sur les longs trajets, et le seul moteur offert, un quatre cylindres de 1,6 litre, parfois à la peine, ne mérite pas de louanges particulières… Hyundai propose de relayer puissance et couple aux roues avant motrices (seul mode d’entraînement offert) à l’aide d’une boîte manuelle à six rapports.

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Le levier de vitesses, installé à la base du tableau de bord, tombe naturellement sous la main. Comme les principales commandes, d’ailleurs.

Celle-ci, absente au moment du lancement de ce modèle, est sans doute celle qui permet d’exploiter au mieux – ou à tout le moins d’en donner l’illusion – les faibles ressources de cette mécanique. Plus dans l’air du temps, la boîte automatique à variation continue (CVT), offerte de série sur l’ensemble des autres déclinaisons, est loin de représenter une calamité. De nombreux automobilistes auront du mal à détecter sa présence, si ce n’est qu’au moment de relances musclées où elle fait preuve d’une certaine langueur. Quoique partiellement compensée par l’étagement judicieux de la boîte de vitesses, cette relative sous-motorisation doit sans doute apparaître plus nette lorsque quatre occupants se trouvent à bord et que le coffre est rempli.

Ouvrons ici une parenthèse sur le mode d’entraînement.

Il faut se garder de surestimer l’importance des quatre roues motrices dans ce segment de marché. Après tout, même si le rouage à quatre roues motrices apporte un réel plus en matière de sécurité active et tend à conforter – parfois de manière illusoire – l’automobiliste et ses occupants, seule une infime minorité de consommateurs fait réellement usage des capacités de franchissement.

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Le seul moteur offert, un quatre cylindres de 1,6 litre, parfois à la peine, ne mérite pas de louanges particulières…

La présence de « seulement » deux roues motrices est un choix fonctionnel et contribue aussi à réduire (un peu) le budget carburant et à tirer les tarifs vers le bas. En outre, on soulignera de nouveau que, même en version deux roues motrices, ces modèles pseudo-utilitaires n’en continuent pas moins de consommer davantage à cause de leur poids, de leur carrure peu aérodynamique ou de la largeur de leurs pneus.

Très à son affaire en circulation urbaine grâce à son faible rayon de braquage, le Venue relève le défi de l’autoroute, à condition de ne pas s’élancer pour des trajets interminables. Le centre de gravité, assez haut compte tenu de l’architecture du véhicule, ne perturbe pas le comportement, mais la direction à assistance électrique, douce en ville, manque de consistance lorsqu’il s’agit de s’aventurer sur route, et le freinage manque de mordant, mais s’acquitte bien de sa tâche en usage normal.

L’ACHAT MALIN

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L’Accent 5 portes semble une meilleure affaire que le Venue.

Pour le prix d’un Venue de base doté d’une boîte manuelle, le consommateur peut aujourd’hui s’offrir une Accent 5 portes plus richement équipée à un taux de financement plus avantageux. Sur papier, l’Accent 5 portes semble une meilleure affaire encore dans la mesure où elle consomme moins (plus aérodynamique) et offre sensiblement le même volume habitable et utilitaire (dossiers de la banquette redressés) que le Venue. Mais ce dernier est en mesure de mieux flatter cette sensation un peu particulière que recherchent actuellement les consommateurs. Celle, rassurante, de conduire en hauteur. On laisse à la psychanalyse le soin de décrypter cette aspiration.

CHASSÉ-CROISÉ

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Le Kia Seltos se compare davantage au Kona qu’au Venue.

Chez Kia, filiale du groupe Hyundai, le Venue s’oppose au Soul et non au Seltos (notre photo). Présenté en avant-première au Salon de l’auto de Los Angeles il y a quelques jours, le Seltos se compare davantage au Kona qu’au Venue. En effet, contrairement à ce dernier, le Seltos est non seulement plus enveloppé, mais proposera également deux modes d’entraînement (traction ou intégral) et vise des concurrents comme le Crosstrek de Subaru ou encore le RVR de Mitsubishi.

Les frais d’hébergement liés à ce reportage ont été payés par Hyundai Canada.

LE VENUE EN BREF

On aime

Maniabilité

Prix attractif et équipement complet

Comportement sans histoire

On aime moins

Suspension sensible aux imperfections

Consommation raisonnable, mais sans plus

Absence de rouage intégral

Notre verdict

Ne vous laissez pas aveugler par les couleurs et attendrir par les accessoires.

FICHE TECHNIQUE

Moteur

L4 DACT 1,6 litre atmosphérique

121 chevaux à 6300 tr/min

113 lb-pi à 4500 tr/min

Performances

Rapport poids/puissance : 9,55 kg/ch (manuelle) – 9,92 kg/ch (automatique)

Accélération : 9,7 secondes (manuelle) – 9,9 secondes (automatique)

Capacité de remorquage maximale : non recommandé

Boîte de vitesse

De série : manuelle 6 rapports (Essential seulement)

Optionnelle : automatique à variation continue – CVT (Essential)

Mode d’entraînement : traction (roues avant motrices)

Pneus

185/65R15 (Essential et Preferred)

205/55R17 (Trend et Ultimate)

Capacité du réservoir et essence recommandée

45 litres

Ordinaire

Consommation

8,2 L/100 km

Dimensions

Empattement : 2520 mm

Longueur : 4040 mm

Hauteur : 1565 mm

Largeur : 1770 mm