Quiconque a amorcé la fastidieuse tâche de magasiner un VUS compact le sait : il est très difficile de s’y retrouver dans cette mer de modèles qui semble sans fin. Tous les constructeurs généralistes veulent leur part de gâteau dans ce segment hautement stratégique, usant de diverses stratégies pour attirer l’acheteur. Chez Kia, le Sportage aborde cette mission avec un certain conservatisme, ce qui n’est pas mauvais pour autant.

Charles René Charles René
La Presse

SON DESIGN

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Pour 2020, certains éléments du dessin du Sportage ont été retouchés, dont les phares, le bouclier avant et les feux arrière.

Dire que le Sportage a évolué sur le plan stylistique depuis son introduction sur notre marché, il y a 20 ans, est digne des plus grands euphémismes. Tout comme la majorité des modèles de la marque coréenne, le VUS soigne son apparence. Pour 2020, certains éléments de son dessin ont été retouchés, dont les phares, le bouclier avant et les feux arrière. Un très léger rajeunissement, en somme, pour ce véhicule qui conserve sa posture de multisegment en misant sur des lignes courbes en opposition aux angles des VUS traditionnels. La partie avant exprime bien ce mélange des genres, avec un porte-à-faux ascendant qui se marie avec des phares en gouttes d’eau placés sur les ailes et une petite calandre en « nez de tigre », signature stylistique de Kia depuis quelques années.

À BORD

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Sous une présentation ternie par une certaine absence de créativité dans le rendu, on trouve des matériaux de bonne facture, bien assemblés.

Les portières s’ouvrent sur un habitacle tout de même bien fignolé. Sous une présentation ternie par une certaine absence de créativité dans le rendu, on trouve des matériaux de bonne facture, bien assemblés. En revanche, les teintes foncées donnent facilement une impression plus cossue. Il y a des plastiques durs, mais ils semblent d’assez bonne qualité. Les commandes, pour la plupart physiques, sont habilement disposées au-dessus du levier de vitesse, tout comme les rangements, amplement volumineux. Mais, par-dessus tout, ce Sportage se démarque par l’espace légué aux passagers, qui est franchement impressionnant, autant à l’avant qu’à l’arrière. Cela se fait cependant au détriment du volume du coffre arrière, qui, à 798 L, se situe en queue de peloton. Heureusement, il y a un compartiment sous le plancher du coffre.

SOUS LE CAPOT

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L’offre mécanique du Sportage se résume à deux moteurs : un quatre-cylindres de 2,4 L atmosphérique et un quatre-cylindres optionnel de 2 L turbocompressé.

L’offre mécanique du Sportage se résume à deux moteurs : un quatre-cylindres de 2,4 L atmosphérique et un quatre-cylindres optionnel de 2 L turbocompressé. Pas d’hybride au menu et une seule boîte de vitesses, automatique à seulement six rapports. C’est le moteur de série qui anime la version essayée, avec ses 181 ch et 175 lb-pi de couple. Pas aussi souple à bas régime que les moteurs turbos de la concurrence, il présente un tempérament sans histoire, fournissant une prestation adéquate. La transmission, réglée essentiellement pour contenir sa gourmandise, ne choisit pas parfaitement les rapports en reprises, ce qui diminue sans doute sa nervosité. L’âge plutôt avancé de ce quatre-cylindres s’exprime sur le plan de la consommation, laquelle ne baisse guère sous les 10 L/100 km, trop élevée pour assurer sa compétitivité.

DERRIÈRE LE VOLANT

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Le Sportage constitue une belle surprise derrière le volant. Kia a réglé son châssis pour soigner son agrément de conduite.

En revanche, le Sportage constitue une belle surprise derrière le volant. Kia a réglé son châssis pour soigner son agrément de conduite. La direction est bien dosée dans son assistance et est précise dans son exécution. Les mouvements de caisse sont fort bien contenus et le freinage est puissant et bien réparti. Le VUS affiche donc un aspect très prévisible en freinage d’urgence, malgré un plongeon assez marqué de son museau. Ce positionnement dynamique ne se fait pas au désavantage de sa tenue sur autoroute, bien rassurante et misant sur un confort tout à fait convenable. Comme la puissance de la mécanique est plutôt limitée et que l’essai routier a été fait dans un contexte estival, il est difficile de juger du rendement général du rouage intégral, mais disons qu’il se fait discret, ce qui est une bonne chose.

TECHNOLOGIES EMBARQUÉES

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Le système d’infodivertissement accuse de l’âge, mais demeure très intuitif. L’écran tactile présente des menus bien structurés.

Pour bénéficier du système d’infodivertissement complet, on doit grimper assez haut dans la hiérarchie des modèles. Seules les versions EX Tech et SX en sont outillées, une déception. On se reprend néanmoins avec Apple CarPlay et Android Auto, qui figurent sur la liste d’équipements de série. La structure des options offertes est plutôt rigide ici. Ainsi, le régulateur de vitesse adaptatif est réservé à la version la plus chère, soit la SX. La prise en charge de l’application télématique UVO n’est quant à elle proposée que sur les deux livrées les plus chères, EX Tech et SX. Pas d’option à la carte ici. Cela dit, si on se concentre sur le système d’infodivertissement, il accuse de l’âge, mais demeure très intuitif. L’écran tactile présente des menus bien structurés. La chaîne audio Harman Kardon fait de l’excellent boulot.

VERDICT

PHOTO FOURNIE PAR KIA

Sans pouvoir se targuer d’être le nec plus ultra de son segment, le Sportage mérite sans doute d’être pris en considération.

Sans pouvoir se targuer d’être le nec plus ultra de son segment, le Sportage mérite sans doute d’être pris en considération. Son habitacle bien conçu et l’épice supplémentaire qui agrémente son tempérament derrière le volant en font un produit fort intéressant. C’est un véhicule élégant qui donne aussi une impression de qualité, aucun cliquetis ou craquement ne vient perturber la quiétude des trajets. Sur le plan mécanique et technologique, le modèle n’est néanmoins pas un premier de classe. Sa consommation est trop élevée et plusieurs rivaux sont mieux outillés du côté des dernières technologies. Ne croyez également pas que la facture sera moins élevée qu’ailleurs, Kia a depuis un certain temps délaissé sa stratégie de bas prix, sans doute pour soigner son image en se plaçant au même niveau que les acteurs établis.

CARNET DE NOTES

Rouage intégral généralisé : Si la version à deux roues motrices vous intéresse, sachez qu’elle n’est offerte qu’avec le plus faible niveau d’équipement (LX), qui demeure néanmoins une livrée fort intéressante pour son rapport prix/équipement.

Un hayon bien conçu : Le hayon du Sportage permet une grande ouverture et se soulève assez haut pour dégager la tête et faciliter le chargement d’objets plus encombrants.

Visibilité arrière à revoir : Dans l’ensemble, la surface vitrée du VUS permet une bonne visibilité frontale et latérale, mais ça se corse quelque peu à l’arrière, où les piliers assez larges compromettent la visibilité lors de certaines manœuvres à reculons.

Rabattement des sièges imparfait : Alors que certains rivaux adoptent un mécanisme de rabattement des sièges au moyen d’une poignée placée dans le coffre, le Sportage conserve un mécanisme plus classique qui oblige à ouvrir les portières arrière et qui ne rabat pas les appuie-têtes automatiquement.

Un petit plus pour l’hiver : Le Sportage a, dans son équipement de série, les rétroviseurs chauffants ainsi que les sièges avant chauffants, une légère valeur ajoutée pertinente lorsque le temps froid enveloppe notre province.