Ce joli utilitaire, dont la capacité de séduction semble inversement proportionnelle à son volume de chargement, ne laissera pas insensibles ceux qui n’ont pas d’un véhicule automobile une vision exclusivement rationnelle.

Éric LeFrançois Éric LeFrançois
Collaboration spéciale

Répéter le succès

Plus de 700 000 unités vendues. Il faut le reconnaître : l’Evoque a beaucoup contribué à élargir l’image de Land Rover. De son style atypique, de ses déclinaisons hardies, il ne reste aujourd’hui pratiquement rien. Face au tir groupé de la concurrence, la seconde génération de ce Range Rover paraît à court de munitions.

PHOTO FOURNIE PAR LAND ROVER

Malgré les efforts consentis, le système d’infodivertissement demeure lent.

Hormis les poignées de porte affleurantes – déjà vu chez Jaguar –, la silhouette de l’Evoque demeure dans l’épure de la précédente. C’est à peine si l’on remarque le bandeau laqué noir entre les feux arrière, la nouvelle danse des clignotants ou la dimension accrue des jantes. Le hayon arrière, dont les formes affichent un peu plus de rondeurs, se distingue davantage du précédent modèle, quitte à perdre en originalité. À noter que seule la version à quatre portières a droit ici à une descendance. Les versions coupé et cabriolet ne figurent plus au catalogue.

Architecture jetable

Ces modifications apportées par petites touches ne laissent rien paraître visuellement, puisque ce Range Rover conserve à un millimètre près les mêmes dimensions extérieures que son prédécesseur. À l’heure où la concurrence ne cesse de grossir, ce point mérite d’être soulevé, mais il suscite aussi certaines interrogations.

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La rigidité accrue du châssis assure un meilleur maintien dans les courbes et une meilleure tenue sur une chaussée abîmée.

En effet, ses concepteurs prétendent que ce modèle repose sur une toute nouvelle architecture (PTA pour Premium Transverse Architecture) suffisamment modulaire pour intégrer un propulseur hybride à prise rechargeable, mais incapable de se convertir entièrement à l’électricité. Plus curieux encore, puisqu’il s’agit d’une nouvelle structure, le poids demeure étonnamment élevé. Voilà qui est plutôt inusité. Et ce qui l’est encore davantage est que cette plateforme, si nouvelle soit-elle, aura vraisemblablement une courte existence puisque le constructeur anglais compte l’abandonner d’ici cinq ou six ans pour une autre qui, elle, non seulement sera en mesure d’accueillir plusieurs types de propulseurs, mais sera aussi commune à l’ensemble des produits conçus par Jaguar et Land Rover.

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De ce véhicule qui installe ses occupants très au-dessus du trafic se dégage une certaine sérénité, l’impression d’être parfaitement « assis » sur le pavé et de pouvoir tracer sa route tranquille.

Les dimensions extérieures progressent peu, mais l’empattement, lui, si. Pas suffisamment, toutefois, pour écrire que les places arrière sont plus spacieuses. À ce chapitre, l’Evoque se trouve aujourd’hui à la remorque de plusieurs de ses concurrents qui se soucient davantage du confort de leurs occupants.

Le coffre est également plus spacieux, mais encore une fois, son volume rougit de la comparaison. Saluons, toutefois, la belle modularité de l’espace qui permet de basculer en tout ou en partie (40-20-40) les dossiers de la banquette arrière.

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Chic et raffinée, la présentation est de loin l’un des points forts de ce modèle face à ses rivaux.

Aux places avant, l’Evoque reprend sans véritable surprise plusieurs éléments de mobilier du Velar, le véhicule positionné juste au-dessus de lui au sein de la marque. Chic et raffinée, la présentation est de loin l’un des points forts de ce modèle face à ses rivaux. Pas l’ergonomie, cependant. Plusieurs commandes traditionnelles ont été « égarées » dans l’un des trois écrans numériques. De les retrouver n’est pas toujours aisé. En outre, malgré les efforts consentis, le système d’infodivertissement demeure lent.

Évolution timide

Au Canada, sous l’élégant capot de l’Evoque, on trouve le quatre-cylindres de 2 L suralimenté par turbocompresseur. Dans sa version la plus évoluée (P300), cette mécanique retient les services d’un système d’hybridation légère de 48 V. Un dispositif qui ajoute du poids à un véhicule déjà bien lourd et qui, de toute évidence, n’apporte à vrai dire pas grand-chose pour réduire la consommation élevée de ce propulseur anglais. Cette mécanique, assez véloce, étant donné la masse qu’elle doit mouvoir, est associée hélas à une boîte neuf vitesses qui manque de mordant. Elle se révèle, selon les paramètres de conduite sélectionnés par l’automobiliste, ou trop lente, ou trop brusque.

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Le bandeau laqué noir entre les feux arrière et la dimension accrue des jantes sont des nouveautés qui démarquent peu le véhicule.

Les grandes roues disposées aux quatre coins de la carrosserie, la direction très réactive et le centre de gravité situé bas contribuent à rendre l’Evoque plus remuant et plus agréable à conduire que son ancêtre.

Malgré son poids, l’Evoque enchaîne les virages avec plus d’assurance, certes, mais il ne procure guère plus de joie à conduire. La direction procure un meilleur ressenti, sans pour autant offrir un toucher de route équivalant aux références de la catégorie et, surtout, un meilleur confort. Soulignons également la rigidité accrue du châssis qui assure un meilleur maintien dans les courbes et une meilleure tenue sur une chaussée abîmée.

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Le Range Rover Evoque ne laisse pas indifférent... mais il commence à vieillir.

De ce véhicule qui installe ses occupants très au-dessus du trafic se dégage une certaine sérénité, l’impression d’être parfaitement « assis » sur le pavé et de pouvoir tracer sa route tranquille. C’est ce sentiment de quiétude qui plaît tant aux amateurs. Et, comme l’exige la tradition de Land Rover, l’Evoque est un tout-terrain d’appellation d’origine contrôlée. Les courts porte-à-faux, les protections renforcées sous le moteur, les quatre roues motrices permanentes, l’antipatinage électronique et le système de contrôle automatique de la vitesse en forte déclivité permettent de passer là où ses concurrents, pas vraiment taillés pour les parties de campagne bien boueuses, renoncent à le faire. Ces performances méritent d’être saluées, même si l’on sait que, dans la pratique, rares sont ceux qui les mettent à profit. Au moins flatteront-elles l’aventurier qui sommeille en vous.

Le capot invisible

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La fonction « ClearSight Ground View » permet de voir, à l’aide d’une caméra de 180°, les obstacles rencontrés sur les sentiers et les ornières, nids-de-poule ou bosses.

Il y a cinq ans, la direction de Land Rover a présenté un concept de « capot invisible ». L’idée visait à venir en aide à l’automobiliste qui ne savait pas où poser ses roues sur un terrain accidenté, par exemple. Ne souriez pas trop vite, l’idée s’est matérialisée. La fonction « ClearSight Ground View » permet de voir (au sens figuré, bien sûr) sous le capot, à l’aide d’une caméra de 180°, les obstacles rencontrés sur les sentiers, bien sûr, mais sert aussi à déjouer – avec plus ou moins de succès puisqu’on ne peut quitter la route des yeux – les ornières, nids-de-poule ou bosses qui ponctuent le réseau routier montréalais.

On se branche ou pas ?

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Architecture technique de la version hybride

Tout le monde sait maintenant qu’une version hybride à prise rechargeable de l’Evoque entrera en production l’an prochain. Cette déclinaison sera mue par un moteur à essence trois cylindres de 197 ch jumelé à un moteur électrique produisant 107 ch. Selon la marque britannique, les ventes de cette déclinaison représenteront le tiers des ventes totales de ce modèle sur les marchés où elle sera proposée. Au Canada ? La direction canadienne refuse de confirmer ou d’infirmer sa présence au catalogue.

>> Consultez le site de Land Rover

Fourchette de prix : de 47 950 $ à 61 500 $ Frais de transport et de préparation : 2195 $

On aime

Présentation intérieure atypique Capacités hors route inégalées (mais pour qui ?) L’image du Range Rover à un prix (un peu plus) accessible

On aime moins

Banquette arrière (espace, accès, sortie) Certaines commandes peu intuitives Programmation de la boîte automatique à revoir 

Notre verdict

Il inspire beaucoup, mais, au bout du compte, répond peu aux attentes.

Fiche technique

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Le Range Rover Evoque

Moteur

– P250 : L4 DACT 2 L suralimenté ; 246 ch à 5500 tr/min ; 269 lb-pi entre 1300 et 4500 tr/min – P300 : L4 DACT 2 L suralimenté hybride (léger) 296 ch à 5500 tr/min 295 lb-pi entre 1500 et 4500 tr/min

Performances

– Rapport poids/puissance : 7,25 kg/ch (P250), 6,24 kg/ch (P300) – Accélération (0-100 km/h) : 7,5 secondes (P250), 6,6 secondes (P300) – Capacité maximale de remorquage : 1800 kg

Boîte de vitesse

– De série : automatique 9 rapports – Optionnelle : aucune

Pneus

– 235/50R20

Capacité du réservoir et essence recommandée

– 67 L/Super

Consommation

– 10,6 L/100 km (P300)

Dimensions

– Empattement : 2681 mm – Longueur : 4371 mm – Hauteur : 1649 mm – Largeur : 1996 mm (rétroviseurs extérieurs repliés)