Il est des légendes que l’on ne peut se résoudre à voir disparaître. Lincoln en fait partie, et ses (multiples) efforts de refondation inspirent la sympathie.

Éric LeFrançois Éric LeFrançois
Collaboration spéciale

Avec les Continental, Town Car ou Mark IV, cette firme à l’âme douillette tenait le haut du pavé dans les années 70, un peu comme Lexus de nos jours.

Plus bourgeoise qu’une Ford, plus raffinée qu’une Mercury (marque aujourd’hui disparue), Lincoln a toujours joué la carte du « luxe à l’américaine ». Hélas, elle a incroyablement mal négocié le virage des années 80 et 90. Soutenue par Ford malgré ses multiples acquisitions dans le monde du luxe (Aston Martin, Jaguar, Land Rover, Volvo), cette filiale bientôt centenaire a assuré sa pérennité, mais elle n’a pas trouvé le chemin du renouveau. 

PHOTO LINCOLN

Le Lincoln Aviator

Pendant que la maison mère régénérait sa gamme, les Lincoln vieillissantes ont poursuivi leur déclin, faute d’une vision claire et ordonnée.

Il faut dire que Ford a mis beaucoup de temps à faire l’inventaire de l’héritage Lincoln. Bilan : une aura de luxe encore vivace, mais une vision embrouillée, un héritage lourd à porter et un déficit d’image chronique aux yeux du public.

UNE EXPÉRIENCE

Ces dures réalités ont incité la direction de Lincoln à prendre de bonnes résolutions et à « faire de l’expérience client sa principale carte de visite », précise Jim Rideout, responsable de la mise en marché de la marque au Canada. « Nous investissons beaucoup dans ce domaine avec notre service concierge [livraison et entretien personnalisés, NDLR] pour nous démarquer de nos concurrents qui convergent tous vers la performance pure. Lincoln axe son approche sur le confort, le sentiment de bien-être et la tranquillité d’esprit en offrant gratuitement les révisions. »

PHOTO LINCOLN

L'intérieur d'une Lincoln Continental.

Cette mue a débuté avec le lancement, en 2017, de la Continental, exercice de style gothique flamboyant très apprécié, dit-on, des consommateurs chinois, chez lesquels la marque rayonne aujourd’hui. Sur notre continent, le renouvellement du Navigator, l’année dernière, fait toutefois l’unanimité en sa faveur et « se trouve aujourd’hui pratiquement à égalité avec le roi de la catégorie, le Cadillac Escalade », se plaît à souligner notre interlocuteur. 

Depuis, la marque semble avoir repris quelques couleurs. Et retrouvé des perspectives. L’arrivée de l’Aviator, suivi de très près du Corsair (anciennement le MKC), devrait lui permettre de rêver à des jours meilleurs.