Un coup d’œil dans le rétroviseur suffit pour comprendre que Mazda a la réputation de ne rien faire comme les autres. Et elle s’en enorgueillit, d’ailleurs. De la reprise du développement du moteur rotatif à la création du plus minuscule six-cylindres du monde (1,8 litre), Mazda a jusqu’ici fait preuve non seulement de créativité, mais aussi d’un entêtement obstiné.

Éric LeFrançois Éric LeFrançois
Collaboration spéciale

On l’aura sans doute compris, la direction de Mazda estime que le moteur thermique n’a pas encore dit son dernier mot. Un avis que plusieurs législations dans le monde ne partagent pas. Déjà, certaines d’entre elles bannissent ces moteurs utilisant de l’énergie fossile des centres-villes et promettent de les bannir complètement d’ici 10 ou 15 ans. Qu’à cela ne tienne, Mazda persiste et signe, mais peine à récolter les fruits de son audace, au Canada comme aux États-Unis, à tout le moins.

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Le moteur 2,2 litres diesel du Mazda CX-5.

La commercialisation du moteur turbodiesel à bord du CX-5 n’a jusqu’ici pas répondu aux attentes de la marque. Celle-ci reconnaît à mots couverts que le scandale des moteurs truqués a sans doute enterré – et pour de bon – le diesel en Amérique du Nord et que son offre est sans doute financièrement hors d’atteinte pour plusieurs consommateurs. Le moteur diesel n’est proposé que sur la déclinaison « Signature », la plus élitiste du CX-5.

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Le Mazda CX-5 Signature 2019

Le constructeur japonais entend réétudier la question du repositionnement de ce moteur, mais ne remet aucunement en question son existence. « Ce moteur fait déjà l’objet d’une nouvelle certification [qui doit être renouvelée tous les deux ans] pour les années 2020 et 2021 », confirme Sandra Lemaître, porte-parole de la filiale canadienne de la marque.

Il n’y a pas que le sort à court terme du diesel qui préoccupe la marque ces jours-ci.

Retard pour le SkyActiv X

La commercialisation du moteur SkyActiv X, lequel promet de concilier la réactivité d’une mécanique essence avec la souplesse d’un diesel, tout en réduisant la consommation de quelque 15 % par rapport à un moteur d’une cylindrée comparable, a du plomb dans l’aile.

Promise pour cet automne, la sortie de ce moteur appelé à se glisser notamment sous le capot de la compacte 3 et du futur CX-30 (notre photo) est retardée. Pour l’heure, Mazda concentre sa diffusion sur le marché européen et se garde de dire à quel moment celui-ci sera offert sur le sol canadien. « Le problème auquel nous devons faire face est intiment lié à son prix de revient, reconnaît notre interlocutrice. » En effet, cette mécanique entraînerait un débours additionnel de quelque 5000 $. Une somme qui risque, craint-on chez le constructeur japonais, de faire tiquer la clientèle.