Coupé-berline. Le concept semble antinomique à souhait, mais c’est pourtant l’idée de base qui a fait naître la CLS il y a près de 15 ans. Cela ne l’a pas empêchée de devenir la figure de proue d’un mouvement stylistique cherchant à rendre la berline plus désirable. Alors que nous prenons le volant de sa troisième génération, une question apparaît incontournable : quel est le prix à payer pour ce style ?

Charles René Charles René
La Presse

SON DESIGN

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Cette CLS se démarque d’abord par son panache, s’étalant sur près de cinq mètres de longueur.

Certes, cette CLS se démarque d’abord par son panache, s’étalant sur près de cinq mètres de longueur. Cet aspect longiligne est accentué par son long capot. La ceinture de caisse haute et la ligne de toit basse, surtout au niveau des piliers arrière, rappellent inévitablement l’inspiration de base, venant des coupés. La partie avant, marquée par la présence triomphaliste et assumée du logo de la marque à l’étoile, constitue une déception. Certes, les proportions sont bonnes avec une calandre pas grandiloquente, mais la promiscuité de son dessin avec celui de la compacte Classe A est beaucoup trop marquée. Pour une bagnole qui mise essentiellement sur le design pour se démarquer, c’est manqué. À l’arrière, la ligne descendante du couvercle de coffre conjuguée avec la ligne ascendante du porte-à-faux donne un curieux coup d’œil.

À BORD

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Les petites buses de ventilation, évoquant les turboréacteurs d’un avion, sont tout aussi élégantes que solides et fonctionnelles.

Les portières aux glaces sans cadre de cette CLS s’ouvrent sur une ambiance de raffinement exceptionnel. Les moulures de bois décrivent sur le bas de la planche de bord une succession de lignes courbes qui se prolongent sur les portières. Les petites buses de ventilation, évoquant les turboréacteurs d’un avion, sont tout aussi élégantes que solides et fonctionnelles. Le tout s’illumine dans la noirceur, pour une mise en scène spectaculaire. Le haut du tableau de bord, plutôt massif et tapissé de cuir, héberge le système d’infodivertissement et les instruments de mesure numériques placés dans un rectangle. Côté espace, les places avant sont généreuses et sont renchéries par des sièges confortable et bien conçus. À l’arrière, c’est moins évident, avec une petite ouverture de portière et un dégagement pour les jambes moyen.

SOUS LE CAPOT

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La nouvelle génération de la CLS marque le retour du six-cylindres en ligne chez Mercedes.

Cette nouvelle génération de la CLS marque le retour du six-cylindres en ligne chez Mercedes. De 3 L de cylindrée, il reçoit l’apport d’un turbocompresseur et d’un alternateur-démarreur électrique qui adoucit le démarrage. Il peut augmenter la puissance de 21 ch et le couple de 184 lb-pi durant de courtes périodes. La puissance du six-cylindres de la livrée CLS 450 atteint les 362 ch constants de 5500 à 6100 tr/min et 369 lb-pi de couple. Couplé à une boîte automatique à neuf rapports, ce moteur affiche une discrétion exemplaire. Extrêmement doux, il montre de l’aplomb sur l’ensemble de la plage de puissance sans toutefois afficher le tempérament fiévreux d’une mécanique BMW. Il sied donc bien au caractère de cette CLS tout en consommant de manière raisonnable, soit près de 9 L/100 km.

DERRIÈRE LE VOLANT

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Malgré son positionnement de coupé-berline, qui se veut par défaut plus sportif, la CLS est essentiellement une routière très luxueuse.

Malgré son positionnement de coupé-berline, qui se veut par défaut plus sportif, la CLS est essentiellement une routière très luxueuse. Il suffit d’un virage pris de manière un peu trop cavalière pour déceler une bonne dose de roulis et de sous-virage accompagnés de complaintes des pneumatiques, qui favorisent bien plus le faible niveau sonore à l’adhérence. Elle reste tout de même prévisible, grâce à sa direction bien précise, mais elle est au mieux surtout à un rythme plus lent. Sur l’autoroute, sa suspension pneumatique en option – une spécialité de Mercedes – suspend carrément la caisse au-dessus des aspérités en mode Confort, ce qui crée un peu plus de tangage qu’on ne le voudrait. La tenue de cap est toutefois imperturbable. Bref, le plaisir se situe surtout ici dans la sérénité de l’expérience.

TECHNOLOGIES EMBARQUÉES

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L’écran de 12,3 po, pas tactile, demeure bien défini et réagit correctement aux commandes. Il est par ailleurs doté de deux pavés tactiles sur le volant et un sur la console centrale.

Cette CLS a beau être considérée comme une toute nouvelle génération, elle ne reçoit pas le tout dernier système d’infodivertissement MBUX de Mercedes, un choix curieux. Qui plus est, ce système a une courbe d’apprentissage assez escarpée. Il affiche néanmoins des menus pas toujours simples à naviguer. L’écran de 12,3 po, pas tactile, demeure toutefois bien défini et réagit correctement aux commandes. Il est par ailleurs doté de deux pavés tactiles sur le volant et un sur la console centrale. Ce dernier surplombe une molette qui sert aussi à se promener d’un onglet à l’autre. Bref, trop, c’est comme pas assez. Mercedes a par ailleurs eu la bonne idée d’étirer le haut de la planche de bord par-dessus les écrans pour diminuer les effets des rayons de soleil. La chaîne audio Burmester de série offre de son côté une belle définition de son.

VERDICT

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La CLS étale un grand niveau de raffinement autant sur le plan du design intérieur et extérieur que du choix des matières qui le composent.

À 81 000 $ en prix d’entrée, soit 10 000 $ de plus qu’une Classe E dotée d’une mécanique de puissance semblable, la CLS exige un débours supplémentaire substantiel. Ajoutez à cela la myriade d’options offertes qui ont fait dépasser la barre des 100 000 $ à la version essayée et vous obtenez un véhicule très cher. On perd également au change sur l’aspect pratique, avec des places arrière peu accueillantes et un coffre légèrement moins volumineux. Cela dit, cette CLS étale un grand niveau de raffinement autant sur le plan du design intérieur et extérieur que du choix des matières qui le composent. Son moteur six cylindres offre une prestation extrêmement convaincante, et ce, à tous les égards. En résumé, une très bonne voiture, cette CLS, mais pas – encore – une voiture exceptionnelle.

CARNET DE NOTES

Pour n’être pas trop secoué : La CLS peut être équipée de sièges dotés de supports latéraux actifs qui varient leur degré de soutien selon l’angle du virage. C’est plutôt déboussolant au premier contact, mais on s’y fait.

Suspendu sur de l’air : La suspension pneumatique proposée s’adapte continuellement à l’état de la route et peut se raffermir ou se relâcher selon les modes de conduite. Elle permet également d’augmenter la hauteur de la caisse pour franchir un petit obstacle.

Phares très efficaces : Les phares à DEL optionnels, dont les faisceaux sont continuellement ajustés indépendamment d’un phare à l’autre en haute intensité, se sont révélés très efficaces en conduite nocturne.

Pas de hayon : Contrairement aux Audi A7 et Porsche Panamera, la CLS ne dispose pas d’un hayon arrière pour accéder au coffre, un élément qui permet un meilleur accès. Il demeure toutefois de bonne grosseur (490 L).

Vendre une expérience : Dans le système d’infodivertissement se trouve un curieux menu nommé Energizing qui sert de « générateur » d’ambiance en contrôlant autant la fonction de massage que la fragrance dans l’habitacle et la climatisation en fonction de modes prédéfinis.

FICHE TECHNIQUE

Version à l’essai : CLS 450 4Matic  Prix (avec options) : 102 000$ Moteur : L6 DACT 3L turbocompressé hybride léger (48 V) Puissance : 362 ch de 5500 à 6100 tr/min + 21 ch (alternateur-démarreur) Couple : 369 lb-pi de 1600 à 4000 tr/min + 184 lb-pi (alternateur-démarreur) Transmission : Automatique à 9 rapports avec mode manuel Architecture motrice : Moteur longitudinal avant, transmission intégrale  Consommation (ÉnerGuide) : 9,8 L/100 km (essence super) Concurrentes directes : Audi A7, BMW Série 8 Grand Coupé, Porsche Panamera  Du nouveau en 2019 ? : Troisième et nouvelle génération Pour en savoir plus : www.mercedes-benz.ca