Août 1959. La crise du canal de Suez, qui a fait gonfler de manière vertigineuse le prix du brut, est encore bien fraîche dans la mémoire des Anglais. Les Volkswagen Beetle et Fiat 500 se vendent comme des petits pains chauds. Il n’en fallait pas plus pour que la British Motor Corporation veuille sa part du marché. C’est ainsi que la première Mini est née. Plus de 60 ans plus tard, nous prenons le volant de la dernière survivante de ce trio emblématique.

Charles René Charles René
La Presse

Son design

PHOTO FOURNIE PAR MINI

En plus du coloris British Racing Green proposé, un incontournable pour sa résonance historique, elle arbore aussi des bandes sur le capot avant au dessin spécifique, ainsi que des jantes à larges branches.

Mini, qui, comme vous le savez sans doute, appartient à BMW depuis 2000, a souligné son 60e anniversaire avec une édition spéciale des livrées trois portes et cinq portes. La version trois portes essayée se distingue des versions standards avec une belle attention aux détails. En plus du coloris British Racing Green proposé, un incontournable pour sa résonance historique, elle arbore aussi des bandes sur le capot avant au dessin spécifique, ainsi que des jantes à larges branches. De nombreux logos « 60 years » sont disséminés, tant sur les branchies latérales des ailes avant que sur le seuil des portières. Les feux arrière décrivent aussi des « Union Jack ». Il faut dire que cette Mini est un excellent canevas pour l’exercice, avec ses expressions faciales accentuées par de gros phares ronds en avant et en feux arrière.

À bord

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L’omniprésence de formes circulaires, de l’indicateur de vitesse jusqu’au centre d’infodivertissement en passant par les buses, est marquante.

Beaucoup croient à tort que la plus petite des Mini est aussi réservée à des conducteurs de petite taille. Ce n’est pourtant pas le cas. Comme son ancêtre de l’époque, cette sous-compacte utilise remarquablement bien l’espace habitable de sorte que de multiples gabarits peuvent y prendre place confortablement. L’absence de console centrale libère beaucoup de place pour les jambes, et le dégagement pour la tête est excellent. Les places arrière, exiguës, sont là à titre de figurantes. Évidemment, l’omniprésence de formes circulaires, de l’indicateur de vitesse jusqu’au centre d’infodivertissement en passant par les buses, est marquante. Cela permet à la Mini d’afficher une originalité indéniable. Dans l’ensemble, les différents matériaux utilisés sont de bonne qualité, si l’on exclut certains plastiques qui sonnent un peu creux.

Sous le capot

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Cette édition 60 ans est apprêtée avec le moteur de série, un trois-cylindres turbo de 1,5 L, et celui de la déclinaison S, un quatre-cylindres aussi turbocompressé, mais de 2 L.

Cette édition 60 ans est apprêtée avec le moteur de série, un trois-cylindres turbo de 1,5 L, et celui de la déclinaison S, un quatre-cylindres aussi turbocompressé, mais de 2 L. C’est ce dernier qui a été essayé. Sa carte de visite, c’est la souplesse. Ses 189 ch sont produits de 5000 à 6000 tr/min alors que son couple maximal est transmis aux roues avant de 1350 à 4600 tr/min. Concrètement, cela assure à cette Mini de l’aplomb, peu importe le contexte d’utilisation. Le tout est livré avec une étonnante douceur et un son pas si mémorable, mais pas trop intrusif. La boîte à double embrayage à sept rapports a aussi son mot à dire dans cette excellente prestation. Elle s’acquitte de la tâche promptement, sans sensation de glissement au départ, comme c’est le cas de temps à autre avec ce genre de boîte.

Derrière le volant

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La Mini à trois portières fait à peine 1 cm de plus en longueur qu’une Nissan Micra, alors que son empattement mesure 4,5 cm de plus.

La Mini à trois portières fait à peine 1 cm de plus en longueur qu’une Nissan Micra, alors que son empattement mesure 4,5 cm de plus. Cela traduit le fait que l’anglaise a ses roues littéralement positionnées aux quatre coins, lui permettant d’être bien appuyée au sol. Ajoutez à cela une direction assurant une grande finesse dans les mouvements du train avant en plus d’un amortissement pas trop pénalisant sur des routes accidentées, et on obtient une machine créatrice de sourires. Difficile de rester de glace devant ce sens de la répartie qui intervient à des vitesses tout à fait légales, contrairement à bien des sportives qui peuvent nous conduire directement en prison au moindre effleurement de l’accélérateur. Seule ombre au tableau : le freinage, qui pourrait être un peu plus mordant dans son réglage.

Les technologies embarquées

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La Cooper S de série est loin d’être un exemple sur le plan de l’équipement offert, malgré un prix de départ de près de 29 000 $. Si l’on se concentre sur le rendement du système d’infodivertissement, c’est fort acceptable.

La Mini trois portes est loin d’être une aubaine, se positionnant plutôt comme une compacte de luxe. Ainsi, la Cooper S de série est loin d’être un exemple sur le plan de l’équipement offert, malgré un prix de départ de près de 29 000 $. Si l’on se concentre sur le rendement du système d’infodivertissement, c’est fort acceptable. En gros, il s’agit d’un système BMW iDrive de génération précédente dans lequel on navigue au moyen d’une molette. Le tout est rapide est lisible. Apple CarPlay n’est pas offert de série. Pour l’obtenir, il faut faire grimper la facture de 5150 $ pour le groupe Premier +. Malgré son prix dépassant les 35 000 $, le véhicule d’essai n’avait pas d’assistances actives à la conduite, à savoir le régulateur de vitesse adaptatif ou l’assistance automatique au freinage d’urgence.

Le verdict

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Le format peut certainement plaire à une tranche d’acheteurs qui vit en zone urbaine, en plus de bénéficier d’une motorisation assez frugale et énergique pour apprécier les escapades sur les routes sinueuses de l’arrière-pays.

En raison de son prix passablement élevé et de son indice de fiabilité en dessous de la moyenne – quoiqu’en progression, selon Consumer Reports –, on ne peut considérer l’achat d’une Mini Cooper S comme étant d’abord motivé par la raison. C’est plutôt une acquisition que l’on fait pour assumer sa différence et apprécier son identité singulière qui n’a pas d’égale dans sa tranche de prix. C’est également un véhicule dont le format peut certainement plaire à une tranche d’acheteurs qui vit en zone urbaine, en plus de bénéficier d’une motorisation assez frugale et énergique pour apprécier les escapades sur les routes sinueuses de l’arrière-pays. C’est une création dont la survie est nécessaire aussi sur le plan historique, car peu de voitures peuvent se targuer d’aussi bien se porter 60 ans après leur lancement.

10 millions

L’usine d’assemblage de Mini à Oxford, en Angleterre, a souligné l’année dernière la production du dix millionième exemplaire du modèle qui a 60 ans d’existence.

Espace cargo bien conçu

Le coffre arrière a beau afficher seulement 211 L de volume, il peut être augmenté jusqu’à 731 L lorsque les dossiers sont abaissés, ce qui en fait un véhicule plutôt pratique pour sa taille.

Frugale

Au cours de l’essai, la consommation de carburant mesurée a atteint les 6,5 L/100 km, ce qui est étonnamment bas malgré l’utilisation de pneus d’hiver. Cela dit, elle s’alimente uniquement en essence à indice d’octane 91 (super).

La meilleure version ?

La version Cooper S, qui fait le pont entre la livrée de série et la John Cooper Works, est sans doute l’option la plus intéressante en raison de son équilibre entre les performances et le prix demandé.