(Tokyo) Les influentes sociétés de conseil aux actionnaires Glass Lewis et Institutional Shareholder Services (ISS) ont appelé à voter contre le patron de Nissan, Hiroto Saikawa, lors de l’assemblée générale du 25 juin, a rapporté mercredi le quotidien économique Nikkei.

Agence France-Presse

Les deux compagnies ont envoyé des documents en ce sens à leurs clients. Glass Lewis explique qu’elle « ne peut apporter en toute confiance son soutien » à M. Saikawa, écrit le Nikkei, car ce proche de Carlos Ghosn siégeait à ses côtés au conseil d’administration quand celui-ci a commis des malversations financières présumées.

Le renouvellement du patron du constructeur japonais doit être entériné par au moins la moitié des actionnaires.

« L’opposition de Glass Lewis et d’ISS va probablement affecter ses chances, étant donné que de nombreux investisseurs institutionnels basent leurs votes sur les conseils des deux sociétés », explique le journal japonais.

Hiroto Saikawa, aux manettes depuis 2017 et ancien fidèle de M. Ghosn qui a retourné sa veste, veut rester à son poste pour préparer la succession, mais de nombreuses voix s’élèvent pour demander son départ rapidement et démarrer sur de nouvelles bases après l’affaire Ghosn.

Renault, premier actionnaire de Nissan avec 43,4 % de participation, a initialement assuré son partenaire de son soutien. Fin mai, le président d’administration du groupe français, Jean-Dominique Senard, avait indiqué qu’il « ne s’opposerait » à la nomination d’aucun des membres du nouveau conseil d’administration, dont celle de M. Saikawa.

Mais depuis, la situation s’est envenimée entre les deux alliés et, M. Senard, revenant sur ses engagements, a envoyé à M. Saikawa une lettre l’informant de son intention de ne pas voter la réforme de la gouvernance du groupe japonais, prévoyant la création de trois comités (nominations, audit et rémunérations).

Il demande qu’un ou deux représentants de Renault soient nommés dans chacune des commissions, alors que Nissan voulait y placer des administrateurs indépendants.

À Paris, on se dit cependant certain qu’une solution sera trouvée et que cette résolution pourra finalement être votée lors de l’AG, qui s’annonce dans tous les cas agitée.

Renault tient de son côté son assemblée générale ce mercredi.