(Tokyo) L’agence américaine de la sécurité routière a récemment ouvert une enquête préliminaire sur le système de freinage d’urgence automatique d’un modèle VUS du constructeur japonais Nissan, après plusieurs centaines de signalements d’un déclenchement par erreur de ce dispositif.

Agence France-Presse

L’enquête de la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA) porte sur 553 860 exemplaires du Nissan Rogue mis sur le marché américain entre 2017 et 2018, selon un document publié sur le site de cette agence fédérale.

Cette action vise à évaluer « la cause, l’ampleur et la fréquence » du problème, selon la NHTSA, qui a déjà passé en revue 129 incidents de la sorte sur plusieurs centaines de signalements au total, dont quelques-uns ont entraîné des accidents et des blessures légères.

Nissan a demandé à ses clients concernés aux États-Unis de ramener leur véhicule chez leur concessionnaire pour installer gratuitement une version « améliorée » du logiciel du système de freinage d’urgence automatique, selon une déclaration du groupe transmise vendredi à l’AFP.

L’enquête de la NHTSA vise aussi à évaluer si les mesures de Nissan pour répondre à ce problème sont suffisantes ou non.

Problème identifié par Transports-Canada

Le groupe a déjà été confronté au même problème au Canada ces derniers mois.

Fin février, l’agence canadienne de la sécurité routière, Transports Canada, avait indiqué sur son site qu’« une structure métallique comme un passage à niveau ou un panneau de signalisation suspendu peut entraîner l’activation du système de freinage d’urgence automatique (AEB) lorsque celui-ci n’est pas nécessaire ».

Ces déboires surviennent alors que les ventes et bénéfices de Nissan sont en berne, dans un contexte de ralentissement du marché automobile mondial et du manque de renouvellement de ses modèles.

La gouvernance du groupe est par ailleurs en pleine crise : son directeur général Hiroto Saikawa va quitter ses fonctions lundi prochain, rattrapé par une affaire de prime indue du temps où le groupe était dirigé par Carlos Ghosn, qui a lui-même été évincé fin 2018 après avoir été interpellé puis inculpé au Japon pour des malversations financières présumées.

Vendredi à la Bourse de Tokyo, Nissan a tout de même fini en hausse (+0,33 % à 713,5 yens), mais a nettement sous-performé comparé à l’indice vedette Nikkei (+1,05 %).