(Yokohama) Le constructeur automobile japonais Nissan, en pleine refonte de sa direction depuis l’éviction de Carlos Ghosn, a choisi mardi comme nouveau directeur général Makoto Uchida, 53 ans, actuel patron de la filiale chinoise du groupe.  

Etienne BALMER
Agence France-Presse

Le conseil d’administration de Nissan, qui s’est réuni mardi au siège du groupe à Yokohama, près de Tokyo, a également nommé chef des opérations, l’Indien Ashwani Gupta, qui occupe actuellement les mêmes fonctions chez le partenaire Mitsubishi Motors. Un haut responsable de Nissan, Jun Seki, deviendra quant à lui vice-chef des opérations.

« Le conseil a conclu que M. Uchida est le dirigeant qu’il faut pour mener l’entreprise de l’avant », a déclaré le président du conseil d’administration, Yasushi Kimura lors d’une conférence de presse à Yokohama.

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Hiroto Saikawa, après avoir joué un rôle de premier plan dans le limogeage de Carlos Gohsn, a lui-même été épinglé dans un scandale de primes indues.

Nissan était sous pression pour se trouver rapidement un nouveau capitaine après le départ précipité de son directeur général Hiroto Saikawa, poussé à la démission le mois dernier après avoir été rattrapé par un scandale de prime indûment perçue en 2013, à l’époque où Carlos Ghosn, maintenant en disgrâce et inculpé de crimes économiques, dirigeait encore le constructeur automobile.

Rien n’a cependant filtré mardi soir sur un autre dossier brûlant, qui était aussi censé être au menu du conseil d’administration : le fait que plusieurs autres cadres exécutifs de Nissan, toujours en place pour certains, auraient également perçu des primes indues par le passé, comme M. Saikawa, M. Ghosn et son ancien bras droit Greg Kelly.

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L'ex-grand patron de Nissan, Carlos Ghosn, le 23 mai 2019, arrivant au palais de Justice de de Tokyo pour son enquête préliminaire, flanqué de deux de ses avocats. Il est accusé de diverses malversations financières.

Parmi eux figure Hari Nada, l’influent responsable des affaires juridiques de Nissan, réputé avoir joué un rôle clé dans la chute de M. Ghosn, arrêté puis inculpé au Japon fin 2018 pour diverses malversations financières présumées.

« La situation n’est plus vivable » en raison de cette « transparence incomplète », avait récemment déclaré à l’AFP une autre source proche du dossier, souhaitant le départ de ces éléments « toxiques » selon elle, aussi bien pour Nissan que pour l’alliance.

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Le vice-président aux affaires juridiques de Nissan, Hari Nada, qui a accumulé de la preuve contre Carlos Ghosn au fil des années. On lui reproche à lui aussi d'avoir reçu des paiements indus.

Masakazu Toyoda, qui dirige le comité de nomination de Nissan, a souligné pour sa part que les trois hommes nouvellement nommés à la tête de Nissan, MM. Uchida, Gupta et Seti, étaient « des citoyens du monde ». « Et ils attachent une grande importance aux alliances et sont motivés pour prendre des décisions rapides », a-t-il ajouté.  

Leurs nominations devront être effectives d’ici le 1er janvier au plus tard.

Diplômé en théologie

M. Uchida est un des vice-présidents de Nissan, où il travaille depuis 2003, après avoir commencé sa carrière au sein d’une maison de négoce japonaise. La presse nippone le décrit comme ayant joué un rôle clé dans la stratégie de croissance du groupe ces dernières années.

Diplômé de théologie -un profil plutôt atypique pour un dirigeant automobile- il est impliqué de longue date dans des projets communs avec Renault. Selon sa fiche personnelle sur le site de Nissan, il est diplômé de la faculté de théologie de l’Université Doshisha, à Kyoto, en 1991.

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Makoto Uchida est désormais à la tête de Nissan. On le voit ci-haut au Forum international de Davos.

Entre 2016 et 2018, il était notamment responsable des achats au sein de l’alliance entre les trois constructeurs.

Agé de 49 ans, M. Gupta a également travaillé pour Renault ainsi que pour Nissan par le passé. Il est actuellement aussi responsable de l’activité des véhicules utilitaires légers au sein de l’alliance, en plus de son poste de COO chez Mitsubishi Motors.

Quant à Jun Seki, 58 ans, il a fait toute sa carrière au sein de Nissan et il est chargé depuis mai dernier du « redressement de la performance » du groupe.

Une « très bonne nouvelle » pour l’alliance

Tant M. Uchida, M. Gupta que M. Seki étaient des candidats au poste de directeur général, selon des sources proches du dossier interrogées ces dernières semaines par l’AFP.  

Au final, le conseil d’administration a donc décidé de les associer, plutôt que de n’en choisir qu’un seul.

« Nous pensons que cette structure est la meilleure pour surmonter les difficultés auxquelles la société fait face », a plaidé mardi M. Toyoda.

Cette direction collégiale est « un outil complet, une nouvelle équipe plus jeune et internationale » a également salué une source proche du conseil interrogée mardi par l’AFP.

« C’est une très bonne nouvelle pour le nouveau Nissan, et pour l’alliance » avec Renault et Mitsubishi Motors, a insisté cette même source.

Avec La Presse