Pointue comme un obus et conçue pour être menée à la cravache, la Subaru BRZ promet un pilotage direct assis au ras du bitume.

Éric LeFrançois Éric LeFrançois
Collaboration spéciale

Instrument de plaisir

La BRZ appartient à une espèce automobile en voie de disparition. Par chance, ses ventes sont toujours stables, et ce, même si les modifications apportées par Subaru depuis son lancement, en 2013, sont de l’ordre du subliminal. Qu’importe, le plaisir, lui, est demeuré intact.

PHOTO FOURNIE PAR SUBARU

Subaru BRZ

Pour quiconque n’a pas souvenir des XT et autres SVX commercialisés il y a 30 ou 40 ans, ce modèle a fait découvrir une facette méconnue de Subaru. Le constructeur japonais se livre ici à une assez convaincante démonstration de retour aux sources de l’automobile sportive. Un coupé subtilement rétro, joyeusement égoïste (deux places seulement, puisque personne ne consentira à poser les fesses derrière !), on ne peut plus excitant à conduire et, ce qui ne gâche rien, relativement abordable.

Pour la maintenir au plus fort de la lutte, Subaru multiplie les séries spéciales, en lui greffant des pneumatiques plus adhérents, un système de freinage aux étriers plus puissants ou encore des coussinets ou des barres de renforcement spéciaux. Tous ces éléments sont destinés à rendre la conduite plus vive encore et ne font qu’accentuer le sentiment que ce véhicule est franchement sous-motorisé. Dans ce domaine, Subaru n’a jamais répondu aux critiques et, à la réflexion, c’est peut-être (presque) mieux ainsi, pour préserver l’homogénéité et l’équilibre de ce modèle.

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Subaru BRZ

Malgré les années, cette voiture demeure une petite merveille d’équilibre. Stable, elle vire bien à plat, amortit correctement les irrégularités de la chaussée, mais c’est dans les courbes – les plus tortueuses surtout – qu’on la préfère. Elle y excelle. Son train avant répond illico aux impulsions dictées à son volant et lui permet de slalomer à son aise. Hélas, le plaisir s’arrête net dès que l’on cherche à s’extraire rapidement des plus sinueux de ces lacets. La seule contrariété provient de l’étagement trop long de la boîte de vitesses qui étouffe le moteur – dont les performances sont, dès lors, un peu frustrantes. Vaillant et robuste, celui-ci produit des accélérations trop linéaires et, ce qui n’arrange rien, une sonorité assez conventionnelle et l’obligation de l’abreuver en essence à indice d’octane élevé.

Sa motorisation n’en fait pas une voiture de sport. Et alors ? On se moque bien que les accélérations ne soient pas sidérantes. À 100 km/h, le postérieur à quelques centimètres au-dessus du bitume, on a l’impression de rouler deux fois plus vite. En clair, on éprouve plus de satisfaction à son volant sur les voies publiques qu’aux commandes de ces engins hyper puissants dont on ne peut jamais extraire le plein potentiel. Elle se révèle surtout une formidable « auto-école » pour former des automobilistes soucieux d’aiguiser leur soif de pilotage et rappeler aux autres que la maîtrise d’un dérapage ne se fait pas qu’à l’accélérateur.

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Subaru BRZ

En fait, ce n’est pas tant la puissance de cette mécanique qu’on déplore, mais sa plage d’utilisation restreinte et son manque de couple qui incite à jouer constamment du levier de vitesse pour garder le moteur dans son régime de rotation optimal. Cela demande un certain effort, quoique la commande est agréable et l’embrayage, progressif. Cela vaut mieux que la boîte automatique (voir la fiche technique dans l’onglet suivant), dont la présence entraîne une réduction de puissance et de plaisir.

Entraînée par ses seules roues arrière (propulsion), cette Subaru ne craint pas forcément l’hiver. Pour peu qu’elle soit correctement chaussée, elle permet d’affronter la saison blanche sans réelle appréhension, à condition que le chasse-neige ait tracé la voie devant elle. Avec une garde au sol aussi faible et une motorisation aussi creuse à bas régime, la BRZ s’enlise très facilement (voir l’avis de nos lecteurs/propriétaires dans le dernier onglet).

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Subaru BRZ

Un écrin pour deux

Une fois installé à bord, il suffit de mettre le contact et de saisir le levier de vitesse ultra-court pour s’offrir une petite tranche de nostalgie avec l’instrumentation ultra-classique et l’habitacle où, au fil des kilomètres, l’on se sent vite à l’étroit. Les rangements ne sont pas nombreux et la possibilité de rabattre les dossiers des sièges arrière permet de faire oublier la petitesse du coffre, dont la faible hauteur interdit les gros bagages de séjour. Les amateurs de véhicules « modernes » trouveront à redire sur la petitesse de l’écran central, sans doute, mais la BRZ cherche à divertir autrement. Voilà qui est plutôt rare par les temps qui courent.

La concurrence

Hyundai Veloster

Fourchette de prix : de 22 399 $ à 34 999 $

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Hyundai Veloster

Oubliez les déclinaisons d’entrée de gamme (Preferred et Luxury). Préférez plutôt la Turbo (27 499 $), voire la N (34 999 $) si vous souhaitez obtenir une réelle solution de rechange à la BRZ. Sur le plan des performances pures, la Veloster se révèle, grâce au souffle de son turbocompresseur et à son couple plus élevé, plus prompte à s’élancer. Elle s’avère également, par rapport à la BRZ toujours, plus fonctionnelle et plus richement équipée. En contrepartie, son châssis est moins sportif, moins équilibré, et la présence – même sur la version N – de roues avant motrices se fait davantage sentir. À ce chapitre, la BRZ est plus équilibrée, plus gratifiante à conduire.

Nissan 370Z

Fourchette de prix : de 29 998 $ à 49 898 $

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Nissan 370Z

La 370Z n’est peut-être pas née de la dernière pluie, mais l’offre de Nissan (moins de 30 000 $ en 2019) demeure pour le moins alléchante. Tout comme la BRZ, la 370Z repose sur une architecture à roues arrière motrices, gage d’une sportivité accrue, et promet de solides performances grâce à un moteur V6 3,7 litres de 332 chevaux qui s’arrime exclusivement à une boîte manuelle à six rapports (une automatique est offerte, mais seulement sur les versions plus cossues). En matière d’accélération et de reprise, la 370Z fait des ronds de poussière autour de la BRZ, et ce, même si la boîte et l’embrayage de la Nissan ne sont pas des modèles du genre en matière de précision et de progressivité. Cela représente une distraction, tout comme la qualité de freinage (très moyenne sur le modèle de base).

L’avis de nos lecteurs

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Subaru BRZ

L’amour est parfois aveugle

Je peux tout vous dire sur cette auto. Difficile d’accès dans un stationnement serré, portière qui se ferme tout seule si ce n’est pas parfaitement plat, peu d’ajustement, radio lente de piètre qualité avec un bouton minuscule, visibilité trois quarts arrière nulle, bruyante, qualité hivernale presque nulle, tableau de bord qui craque en hiver. Cela étant dit, j’en rachèterais une demain matin. Chaque fois que je la prends, je la trouve encore très belle. La forme est splendide. Le 0-100 km/h n’est pas le plus rapide, mais peut-être le plus gratifiant. Pourquoi faire le 0-100 km/h en 3 secondes si ça ne donne pas de plaisir ? Entendre le moteur monter en régime, changer de vitesse, on recommence. Elle procure beaucoup de plaisir. La tenue de route est parfaite. Une vraie petite auto pour avoir du plaisir et mettre un sourire dans le visage.

L’une de ses grandes qualités est sa faible consommation de carburant, mais seulement quand on ne la pousse pas trop (7,2 L/100 km).

J’ai conduit ma BRZ sur les circuits Mont-Tremblant et Mécaglisse et c’était tout simplement extraordinaire.

Elle fait encore tourner les têtes et les enfants du voisinage veulent tous l’acheter quand ils pourront conduire…

— François Rivrais

Trois saisons par année pour le moment

Je n’ai que des éloges à adresser à ma BRZ. Elle est magnifique et tape-à-l’œil, fougueuse, tenue de route formidable, confortable en particulier dans les courbes serrées grâce à ses sièges bien galbés. Enfin, elle est relativement abordable pour une voiture de cette catégorie. Seul hic : je n’ai pas osé la conduire en hiver, même si j’ai lu et vu des vidéos sur le sujet. Je m’ennuie de la remiser dans un garage l’hiver…

— Yves Groulx

La bonne affaire

J’ai longuement hésité entre la 86 de Toyota et la BRZ de Subaru. J’ai opté pour cette dernière en raison de la qualité du service du concessionnaire et de ses conditions de financement plus avantageuses. Je n’ai aucun regret, si ce n’est que c’est une voiture parfois difficile à vivre au quotidien (accès et sortie difficiles et coffre minuscule). La puissance n’est pas terrible, mais si l’on sait jouer du levier de vitesse et que l’on a le sens de l’anticipation, cette voiture est un véritable régal à conduire. Le freinage est adéquat, la suspension, pas trop rigide. Et la position de conduite est carrément parfaite. Pour le prix demandé, c’est une bonne affaire.

— Paul Berger