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VUS électrique

Le Model Y pourrait souffrir de la réputation de Tesla

Dévoilé en direct sur les médias sociaux il y a une dizaine de jours, le nouveau VUS électrique compact de Tesla, le Model Y, vise le créneau le plus chaud du marché automobile, mais rien n'est gagné d'avance pour un constructeur qui montre de plus en plus de signes d'essoufflement.

Conçu à partir des composants de base de la berline Model 3, le Model Y est un VUS compact à motorisation électrique bon pour cinq ou sept passagers, et dont le prix de détail débute à 57 300 $. Son autonomie anticipée serait de 483 km par charge. La version à quatre roues motrices, elle, est vendue en deux déclinaisons coûtant plutôt 62 300 $ et 74 300 $, avant l'aide provinciale à l'achat.

Une aide qui pourrait ne plus venir, si Québec décide de retirer Tesla de sa liste de marques couvertes par son financement, lequel peut atteindre 8000 $ dans le cas d'un véhicule de la trempe du Model Y. « C'est une situation qui est encore incertaine », explique Charles Chamberland, porte-parole pour la société canadienne Trader, propriétaire des sites AutoHebdo.net.

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Rien ne garantit que Tesla sera capable de livrer la marchandise à un rythme suffisant pour empêcher les acheteurs d'aller voir ailleurs.

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L'analyste explique que Tesla est en quelque sorte victime de son image, car plusieurs perçoivent la marque californienne comme une marque de voitures de luxe, « vu leur prix de détail élevé ».

Ailleurs dans le monde, des gouvernements ont décidé de ne plus aider les acheteurs de Tesla, estimant qu'ils avaient les moyens de payer le plein prix. À Ottawa, où le plan d'aide fédéral de 5000 $ à l'achat d'un véhicule électrique arrête à un prix de 45 000 $. Cette décision d'exclure Tesla pourrait avoir un effet catastrophique sur ses ventes du Model Y, poursuit M. Chamberland.

« Au Canada, pas moins de 97 % des ventes de véhicules électriques se font au Québec, en Ontario et en Colombie-Britannique, là où il y a justement une aide gouvernementale. »

- Charles Chamberland, porte-parole de Trader

« Il va falloir que Tesla se repositionne comme une marque de luxe bon marché, ou elle devra revoir ses prix à la baisse, si elle veut continuer de se démarquer de ses rivaux », ajoute M. Chamberland.

Surtout que ceux-ci seront de plus en plus nombreux, dès cette année. Les constructeurs allemands et coréens commencent à mettre en marché des véhicules électriques rivalisant avec les modèles de Tesla, et ce n'est qu'un début, car les Japonais et les Américains doivent se joindre à la danse d'ici un an ou deux.

Une demande qui s'essouffle ?

L'agence financière new-yorkaise Vertical Group a toujours été très sceptique quant au succès à long terme de Tesla. Elle prévoit que le groupe dirigé par Elon Musk perdra 70 % de sa valeur boursière dans un horizon prévisible, en raison de la gestion maladroite de sa production.

Pis encore, dans la foulée du dévoilement du Model Y, la firme de Wall Street a soulevé des doutes quant à la demande réelle envers les produits de Tesla dans ses deux marchés clés : les États-Unis et la Chine. Ainsi, il s'est vendu quelque 20 000 Model 3 par mois en moyenne, entre octobre et décembre 2018. Cette moyenne a baissé à environ 6000 véhicules en janvier et en février derniers.

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Le prix de détail du nouveau Model Y commence à 57 300 $.

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L'arrivée du Model Y, qui tombe pile-poil dans le créneau du marché automobile mondial connaissant la plus forte croissance à l'heure actuelle, va insuffler une nouvelle énergie à la gamme, mais rien ne garantit que Tesla sera capable de livrer la marchandise à un rythme suffisant pour empêcher les acheteurs d'aller voir ailleurs. La gestion de la chaîne de production de la Model 3 a embêté Tesla au cours des derniers mois, ce qui ne sera pas facilité par l'ajout d'un nouveau modèle au catalogue.

« Tout ce temps, Tesla était à peu près seule. Mais la vraie concurrence débarquera dans la deuxième moitié de cette année, et c'est là que ça va se corser », a justement anticipé Gordon Johnson, analyste pour le Vertical Group, dans une entrevue avec la publication financière américaine Markets Insider, la semaine dernière.

La solution ? C'est Elon Musk, PDG de Tesla, qui la donne en mille, sur Twitter : « La demande est très élevée. Le problème, c'est le prix. Les gens n'ont pas assez de sous en banque. Si on peut rendre le véhicule plus abordable, la demande sera extraordinaire. »




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