(Détroit) La Tesla Model 3 impliquée le 1er mars dans un collision mortelle avec un camion-remorque à Delray Beach, en Floride, roulait sur le système de conduite assistée Autopilot, ont déterminé des enquêteurs fédéraux américains.

Tom Krisher
Associated Press

La voiture est passée sous la remorque, tuant le conducteur, dans un accident qui ressemble grandement à celui survenu de l’autre côté de la Floride en mai 2016, près de Gainsville, qui impliquait aussi l’utilisation de l'Autopilot.

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Une partie du toit du Model 3 est s'est empalée dans la remorque.

Dans les deux cas, le système n'a pas immobilisé la voiture et les conducteurs semblent n'avoir pas réagi non plus. Les deux Tesla se sont engouffrées sous la remorque à haute vitesse et le toit a été cisaillé net juste au dessus du capot.

L’accident de Delray Beach, qui fait toujours l’objet d’une enquête du National Transportation Safety Board (NTSB) et de la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA), soulève des questions sur l’efficacité d'Autopilot. Ce système de conduite assistée utilise des caméras, un radar à longue portée et des ordinateurs pour détecter les objets se trouvant devant les voitures et éviter les collisions. Le système peut également garder une voiture dans sa voie, changer de voie et naviguer dans les échangeurs autoroutiers.

Tesla a soutenu que le système n’était conçu que pour aider les conducteurs, qui doivent être vigilants à tout moment et se tenir prêts à intervenir.

Il n'a pas touché le volant durant les 8 secondes précédant l'impact

Dans un rapport préliminaire sur l’accident du 1er mars, le NTSB a indiqué que les données et la vidéo initiales de la Tesla montraient que le conducteur a activé le pilote automatique environ 10 secondes avant l’accident sur une autoroute à chaussées séparées avec des voies de virage dans la médiane. Les mains du conducteur n’ont pas été détectées sur le volant durant les huit secondes précédant l'impact mortel, indique le rapport du NTSB.

Ni les données ni les vidéos n’indiquent si le pilote ou le système de pilote automatique a freiné ou tenté d’éviter la remorque, a indiqué le rapport.

Le Model 3 roulait à 68 milles à l’heure (109 km/h) lorsqu’il a percuté la remorque sur la route 441, où la vitesse maximale autorisée est de 55 milles à l’heure (88,5 km/h), a ajouté le document. Jeremy Beren Banner, âgé de 50 ans, est mort dans l'accident.

Tesla a indiqué jeudi dans une déclaration que M. Banner n’avait pas utilisé le pilote automatique à aucun autre moment de son excursion avant l’accident. Le journal de bord informatique du véhicule indiquent qu’il a retiré ses mains du volant immédiatement après avoir activé le pilote automatique, a ajouté Tesla.

De nouvelles questions sur la sécurité de l'Autopilot

Dans un accident presque identique en mai 2016, près de Gainesville, en Floride, Joshua Brown était devenu la première victime d'un accident mortel impliquant une voiture dirigée par un système de conduite assistée. L'homme de 40 ans originaire de l'Ohio s'était tué quand son Model S avait percuté une remorque qui traversait la route à une intersection.

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Joshua Brown, dans une vidéo qu'il avait mis sur YouTube quelques semaines avant son accident mortel.

Après cet accident, le PDG de Tesla Elon Musk avait indiqué que Autopilot avait été modifié pour que le radar joue un plus grand rôle dans la détection des obstacles.

David Friedman, un ancien dirigeant de la NHTSA qui est maintenant vice-président de Consumer Reports, s'est dit surpris que l'agence n'ait pas déclaré Autopilot inefficace et exigé un rappel après l'accident de Gainsville. L'accident de Delray Beach renforce sa position selon laquelle on permet le fonctionnement d'Autopilot dans des circonstances que ce dispositif ne peut négocier de façon sécuritaire.

«Leur système est littéralement incapable de voir un 18-roues sur toute sa longueur sur l'autoroute», a déclaré M. Friedman.

PHOTO NTSB, VIA FLORIDA HIGHWAY PATROL

L'épave du Model S de Joshua Brown, qui s'est tué en mai 2016.

Le système de Tesla n'a pas été assez rapide pour prévenir le conducteur qu'il fallait prêter attention à la route. Il note que d'autres systèmes testés par Consumer Reports ont des limites plus strictes. Par exemple, le SuperCruise de General Motors ne fonctionne que sur des autoroutes à voies séparées par une médiane et sans intersection.

Tesla a à nouveau exprimé sa tristesse devant l'accident et réitéré que ses voitures ont jusqu'à présent parcouru plus de 1,6 milliard de kilomètres sur Autopilot.

« Utilisés correctement par un conducteur attentif prêt à prendre le contrôle à tout moment, les conducteurs assistés par Autopilot sont plus en sécurité que ceux qui conduisent sans assistance », affirme Tesla.