(MONT-TREMBLANT) Une sportive pur sirop ? Il y a bien longtemps que Toyota ne s’était pas autorisé ce genre de petite fantaisie. Le retour de la Supra apporte une touche de piquant bienvenue dans une gamme certes foisonnante, mais aussi terriblement traditionnelle.

Éric LeFrançois Éric LeFrançois
Collaboration spéciale

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Le retour de la Supra apporte une touche de piquant dans la gamme Toyota.

Le problème ici ne sera pas de vendre ce coupé, mais de gérer la pénurie. Les premiers clients risquent de devoir s’armer de patience, car les délais de livraison s’annoncent longs. Prudents, les responsables de Toyota hésiteront sans doute à augmenter la cadence de production des Supra. L’expérience montre que l’engouement du public pour ces « voitures plaisir » peut être aussi foudroyant qu’éphémère. À ce sujet, la direction canadienne se dit assurée d’une allocation de 300 exemplaires cette année. Et les concessionnaires n’y auront pas tous accès. Seulement un certain nombre assureront la vente et le service de ce modèle dont on ne connaît rien encore du coût des pièces de remplacement, encore moins des frais et des intervalles d’entretien.

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La direction canadienne de Toyota se dit assurée d’une allocation de 300 exemplaires de la nouvelle Supra cette année.

Dernière-née du courant « rétrosportif » qui a vu refleurir au cours des 20 dernières années des appellations ou modèles disparus, la Supra se veut l’héritière de la 2000 GT – dont la carrière remonte à la fin des années 60 –, aujourd’hui fort prisée des collectionneurs.

À un prix, à partir de 64 990 $, « raisonnable » par rapport à celui des autres modèles de la marque. La ligne générale est harmonieuse, mais hélas un peu surfaite. On pense, par exemple, à ces fausses lacérations pratiquées sur le capot, les ailes et déflecteurs pour s’en convaincre.

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L’expérience montre que l’engouement du public pour ces « voitures plaisir » peut être aussi foudroyant qu’éphémère.

Sous le toit agrémenté de bossages du plus bel effet, la Supra ne cultive en rien la nostalgie. Elle fait plutôt un copier-coller de BMW. Aucune reconstitution historique ou clin d’œil aux Supra d’antan. Dommage. Son bloc d’instrumentation est plutôt moche pour une voiture sport, et la possibilité d’en afficher d’autres – sur l’écran central, à la manière de la Nissan GTR – a pour seul but d’exciter le passager. Le conducteur doit, lui, détourner les yeux de la route tellement l’écran est peu visible, surtout lorsque les rayons du soleil se jettent dessus. Le dessin du volant, dont la jante étonnamment fine, n’est pas plus joli non plus.

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L’agilité de la Supra tient à un centre de gravité abaissé et à une répartition des masses équilibrée entre les trains roulants.

Avec la Supra, les capacités de chargement ne sont évidemment pas le point fort, partir en vacances imposera forcément de voyager léger. Pourtant, cette contingence ne devrait guère atténuer l’attrait de ce bolide japonais.

Pour le plaisir

Le véritable amateur de coupés se moque de ces considérations utilitaires. Tant pis pour les bagages, les sièges baquets parfaits, le train avant qui répond illico à la moindre impulsion, le moteur vivant et le freinage rassurant feront oublier ces désagréments.

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Le bloc d’instrumentation de la Supra est plutôt moche pour une voiture sport, et la possibilité d’en afficher d’autres a pour seul but d’exciter le passager.

Le châssis est parfaitement rigide et ne transmet presque aucune vibration, alors que la carrosserie réalisée en partie en matériau composite n’alourdit guère l’ensemble, mû par le 3 L suralimenté de BMW qui s’étend de tout son long sous le capot avant. La Supra se conduit avec une facilité déconcertante, soudée à la route. Pour éviter toute déconvenue, le pilote doit tout de même garder la tête froide.

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La Supra est mue par le 3 L suralimenté de BMW qui s’étend de tout son long sous le capot avant.

L’agilité de ce modèle tient à un centre de gravité abaissé et à une répartition des masses équilibrée entre les trains roulants. Une caractéristique qui ramène à BMW, marque à laquelle Toyota a largement fait appel pour concevoir ce coupé que l’on retrouve – presque – à l’identique sous la dénomination de BMW Z4.

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Le châssis de la Supra est parfaitement rigide et ne transmet presque aucune vibration, alors que la carrosserie réalisée en partie en matériau composite n’alourdit guère l’ensemble.

Excitante à conduire, la voiture fait aussi apprécier sa suspension bien dosée et sa position de conduite pas fatigante pour un sou. Sous le capot démesuré se déploie exclusivement une mécanique six cylindres en ligne dont les vocalises caverneuses constituent à elles seules une attraction. Poigne de fer dans un gant de velours, la Supra abat le 0 à 100 km/h en une poignée de secondes le plus tranquillement du monde grâce à l’efficacité du train arrière, jamais pris en défaut de motricité, tout comme de la boîte de vitesses automatique à huit rapports qui l’accompagne. Une boîte manuelle ? Aucune, et il apparaît plus que probable qu’il n’y en aura jamais d’offerte, à moins, comme le veut la rumeur, qu’un moteur 2 L turbocompressé s’ajoute au catalogue.

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La boîte de vitesses est automatique à huit rapports. Une boîte manuelle ? Aucune, et il apparaît plus que probable qu’il n’y en aura jamais d’offerte.

La Supra se laisse joyeusement cravacher dans les courbes. La précision de la direction et le parfait équilibre des masses ajoutent au plaisir de conduire.

On notera au passage que le niveau de consommation (à peine plus de 10 L aux 100 km) reste dans des proportions raisonnables compte tenu des performances réalisées. Et c’est tant mieux puisque la Supra souffre – pour peu qu’on ait le pied droit lourd – d’une faible autonomie.

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La Supra abat le 0 à 100 km/h en une poignée de secondes le plus tranquillement du monde grâce à l’efficacité du train arrière, jamais pris en défaut de motricité.

La Supra aurait sans doute mérité une mécanique hybride, plus en adéquation avec l’image de son constructeur, un habitacle plus gai et, accessoirement, un catalogue de personnalisation plus étoffé. Pourtant, on saura gré à la marque japonaise de glisser dans son offre un modèle dont l’ambition est de réhabiliter la voiture plaisir.

De surcroît, à un tarif unique point trop prohibitif.

INSPIRATION

Même si elle est le fruit d’une étroite collaboration avec BMW, la Supra veille à prendre quelques distances.

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

La dernière de Toyota est fortement inspirée de l’étude conceptuelle FT-1 que les visiteurs du Salon de l’auto de Montréal ont été à même de découvrir il y a quatre ans.

Ainsi, le style de la dernière de Toyota est fortement inspiré de l’étude conceptuelle FT-1 que les visiteurs du Salon de l’auto de Montréal ont été à même de découvrir il y a quatre ans… Ses concepteurs la présentaient à l’époque comme le « symbole de l’avenir du design chez Toyota ». Audacieux, futuriste, ce concept cherche à émerveiller et, surtout, à injecter une dose concentrée de waku-doki (dixit Toyota), la « poussée d’adrénaline qui fait battre le cœur ».

COLLABORATION

Attendue d’ici la fin de l’été, la Supra vient rejoindre dans les salles d’exposition de la marque une autre sportive issue d’une collaboration avec un autre constructeur.

PHOTO TIRÉE DE L'INTERNET

La Supra vient rejoindre dans les salles d’exposition Toyota la 86, une autre sportive issue d’une collaboration avec un autre constructeur (Subaru).

En effet, la Toyota 86 est le résultat d’une association avec Subaru. Pour ces deux marques japonaises, il était exclu d’investir seules dans la réalisation d’une sportive, catégorie à la production infime. Elles se sont donc entendues pour créer deux modèles à partir de la même auto. Plus de 90 % des pièces de la 86 et de la BRZ (son équivalent chez Subaru) sont communes, ce qui assure la rentabilité de ce projet.

Les frais d’hébergement liés à ce reportage ont été payés par Toyota Canada.

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La Presse publiera prochainement l’essai des véhicules suivants : BMW Z4, Jeep Gladiator, Kia Niro (EV et PHEV) et Telluride, RAM 1500, Range Rover Evoque. Si vous possédez l’un de ces véhicules ou si vous envisagez d’en faire l’acquisition, nous aimerions bien vous lire.

FICHE TECHNIQUE DE LA TOYOTA SUPRA

Moteur

L6 DACT 3 L suralimenté

335 ch entre 5000 et 6500 tr/min

365 lb-pi entre 1600 et 4500 tr/min

Performances

Rapport poids/puissance : 4,6 kg/ch

Accélération 0-100 km/h : 4,3 s

Vitesse maximale : 250 km/h

Boîte de vitesse : automatique 8 rapports

Pneus : 255/35ZR19 – 275135ZR19

Capacité du réservoir et essence recommandée : 52 L / Super

Consommation : 10,4 L/100 km

Dimensions :

Empattement : 2469 mm

Longueur : 4381,5 mm

Hauteur : 1293 mm

Largeur : 1854 mm