(Francfort) Le PDG de Volkswagen a défendu jeudi la décision de la société de différer la possible contruction d’une nouvelle usine en Turquie, en raison de l’offensive turque lancée dans le nord de la Syrie.

Agence France-Presse

Le géant automobile allemand avait annoncé le 15 octobre dernier qu’il observerait la situation, après l’attaque des forces turques contre une partie de la région syrienne contrôlée par les combattants kurdes.  

« Tant que des personnes sont tuées, nous ne poserons pas la première pierre près d’un champ de bataille », a déclaré le patron de Volkswagen, Herbert Diess, dans un message sur le réseau social LinkedIn.  

PHOTO PHILIPP VON DITFURTH, AP

Herbert Diess, le pdg du Groupe Volkswagen.

Il a toutefois admis que l’usine serait dans « l’intérêt économique » de VW et que la décision était « toujours ouverte ».  

Volkswagen doit composer entre des « considérations purement économiques » et un « point de vue moral », a résumé le patron du géant automobile.

Le dirigeant avait déclaré la semaine dernière devant la presse que la planification d’une usine au milieu des tensions serait « complètement irresponsable », ajoutant qu’une décision serait prise « au plus tard à la fin de cette année ou au début de l’année prochaine ».  

Le constructeur n’envisage pas d’autre lieu pour une nouvelle usine mais se dit capable de réorganiser la production au sein de son réseau s’il devait renoncer à construire un site en Turquie.

Le site envisagé représente un investissement estimé entre 1,2 et 1,5 milliard d’euros et devrait employer quelque 4000 personnes.

Le conflit turco-kurde est particulièrement sensible en Allemagne, où les trois millions d’habitants de nationalité ou d’origine turque intègrent environ un million de Kurdes.