La volonté des constructeurs de rendre l’automobile accessible au plus grand nombre implique de plus en plus que les véhicules veillent à tout, et déchargent par le fait même l’automobiliste de ses devoirs. Autrement dit, on transfère peu à peu du conducteur au véhicule la responsabilité des actes intelligents. L’hiver, il incombe à l’automobiliste de prendre le relais, car ces technologies ne sont pas de saison.

Éric LeFrançois Éric LeFrançois
Collaboration spéciale

Les aides à la conduite font généralement appel à des caméras et à des capteurs. Plusieurs ne sont d’aucune utilité durant la saison blanche. Ces derniers ont maille à partir avec la gadoue, le verglas, les petits et les gros flocons de neige. Plus d’une fois, des messages comme « avertisseur actif d’angle mort non disponible pour l’instant » ou « détecteur de piétons, fonctionnement limité momentanément » défilent au centre du bloc d’instrumentation pour prévenir l’automobiliste qu’il ne peut compter que sur lui seul pour déjouer les pièges de l’hiver.

Des aides à la conduite, comme le régulateur de vitesse intelligent ou le détecteur de trafic transversal, sont sensibles à la neige et au verglas. Par chance, l’automobiliste est avisé du dysfonctionnement d’un ou de plusieurs de ces systèmes susceptibles de ne pas vous venir en aide.

Il ne s’agit pas des seuls éléments de sécurité actifs qui craignent notre climat. Le stationnement automatique, l’alerte de franchissement de voies et surtout l’assistant de conduite semi-autonome souffrent également des mêmes maux. Le positionnement des caméras et des capteurs – ceux-ci se trouvent très souvent intégrés dans la partie basse du véhicule (carénage ou calandre) – n’en fait pas les seuls touchés. Moins exposés sans doute, ceux montés dans les rétroviseurs ou encore au sommet du pare-brise ne sont pas à l’abri d’une défaillance. 

En plus de cette difficulté de bien voir, cet attirail technologique doit composer, même si la ou les caméras étaient en mesure de remplir leur fonction, avec les lignes de la chaussée – une condition indispensable au bon fonctionnement de ces assistants – qui ne sont pas forcément toujours visibles.