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Auto électrique: partir pour la plage, finir au camping

La Focus Electric est parvenue à accomplir 101,4... (Photo : Éric Lefrançois, collaboration spéciale)

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La Focus Electric est parvenue à accomplir 101,4 kilomètres sur une seule charge.

Photo : Éric Lefrançois, collaboration spéciale

Éric LeFrançois
La Presse

Il y a une semaine, notre expert Éric LeFrançois a pris la route à bord d'une Ford Focus électrique. Avec l'objectif - ambitieux - de finir son voyage les pieds dans le sable d'Old Orchard... Récit.

Après 2 heures, 33 minutes et 17 secondes. C'est à ce moment que l'aventure, la vraie, a commencé. À cet instant précis, le point d'exclamation jaune est apparu au tableau de bord pour me rappeler que l'autonomie des batteries du véhicule se consommera dans les 16 prochains kilomètres. Peut-être un peu moins, mais rarement beaucoup plus. La Focus Electric est parvenue à accomplir 101,4 kilomètres sur une seule charge.

Les stations d'essence Irving, Sunoco, Mobile et Valero qui serpentent la route 2 entre les autoroutes 87 et 89 ne sont d'aucun secours. Pas plus que la petite quincaillerie qui propose de nous ravitailler en gaz propane.

Au bureau touristique d'Alburgh, au Vermont, l'auto électrique, connaît pas. «A what?», s'exclame la commis qui, sans attendre, fait une recherche sur l'internet en quête d'une borne de recharge. Il ne s'en trouve aucune dans les environs. «Sorry.» La plus proche est à 59 kilomètres, à l'aéroport de Burlington. Toutes les autres se trouvent à plus de 175 kilomètres. C'est foutu? Ah non! Il existe d'autres possibilités : les terrains de camping.

L'idée m'est venue en cours de route en voyant une publicité. À l'Alburgh RV Resort and Trailer Sales, la responsable de l'endroit n'en croit pas ses oreilles. C'est la première fois qu'une telle demande lui est adressée. Renseignement pris auprès des propriétaires, elle acquiesce à ma demande et m'offre un emplacement sur lequel se trouve une borne de recharge. Le coût de cette location inusitée est fixé à 15$, peu importe la source de courant utilisé, 120 ou 240 volts.

Hélas, impossible de se brancher sur le 240 V, la forme de la prise du chargeur fourni par Ford ne correspond pas à celle du chargeur utilisé par les véhicules récréatifs. Dommage, cela aurait permis de quitter l'endroit avant la tombée du jour. En lieu et place, il a fallu utiliser la prise 120 V qui, selon l'ordinateur de bord, va mettre 17 heures 28 pour faire le plein, ce qui me forcera ainsi à demeurer sur place jusqu'au lendemain matin. Voilà qui laisse beaucoup de temps pour réfléchir à la suite à donner à cette aventure un peu folle.

Envie de revenir

Si tout se déroule bien, Old Orchard déroulera son tapis de sable dans trois jours. Peut-être un peu plus, peut-être un peu moins, selon le type de charge disponible en cours de route. Le système de navigation de la Ford confirme ce calcul. Le «déficit électrique» est de 358 kilomètres.

D'autres terrains de camping se trouvent à proximité, quelques terrains de golf aussi. Ceux-ci représentent également une sorte de bouée de sauvetage et comptent une infrastructure, souvent de base (120 V), pour recharger leurs voiturettes. Le pari est audacieux, mais jouable.

Le désir de rebrousser chemin et de retourner à Montréal est de plus en plus fort. La location de la borne électrique prend fin dans 10 minutes. Alors, on rebranche ou pas? On débranche.

Selon l'ordinateur de bord, toujours, aucun souci pour atteindre la frontière. Mais les quatre heures de charge ne suffiront pas pour retourner à la maison. À moins d'emprunter les routes secondaires qui sectionnent villes et villages dans l'espoir de récupérer de précieux kilowatts au freinage. Grâce à lui, l'autonomie de la Focus Electric a été accrue de 32 kilomètres depuis le début de ce voyage. Encore insuffisant, mais il y a sûrement moyen de trouver une prise électrique en chemin.

En effet, il y en avait une à proximité du rang Sainte-Marguerite, à quelques mètres de l'autoroute 15. Croyez bien, j'ai saisi l'occasion. Il ne restait que deux kilomètres d'autonomie.

Au terme d'une recharge de 65 minutes, le voyant jaune du tableau de bord s'était éteint, mais promettait de se rallumer dans deux kilomètres... Menteur. Il s'est remis à scintiller dans la bretelle d'accès de l'autoroute.

À la hauteur de Candiac, la panne est imminente. Après Sainte-Marguerite, au tour d'un restaurant St-Hubert de me venir en aide. Hélas, la rôtisserie située aux abords de la route 132 ne compte toujours pas de bornes de recharge. Pas plus que le stationnement de l'Agence métropolitaine de transport (AMT) de l'endroit. C'est foutu. Un voyant rouge s'illumine, le tableau de bord nous intime l'ordre de nous ranger prudemment.

Quelques secondes plus tard, c'est la fin du voyage électrique. Il ne reste plus qu'à attendre la dépanneuse et rentrer à la maison.




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