Soixante et un dollars américains. Ce sera le coût par kilowatt-heure pour fabriquer une batterie au lithium-ion en 2030.

LA PRESSE

C'est ce que prévoit le rapport annuel sur les batteries de Bloomberg New Energy Finance (BNEF) paru mardi. À ce coût de production, la voiture conventionnelle n’aurait plus d’avantage concurrentiel, au niveau du prix, sur la voiture électrique. On sait que le coût de fabrication des batteries est le principal obstacle au succès de l’auto électrique.

Or le prix baisse régulièrement depuis 2010 et le chemin parcouru est déjà très impressionnant.

PHOTO TESLA

Dès le printemps dernier, Tesla évoquait une voiture ayant une autonomie de 640 km.

En 2010, le coût de production d’une batterie au lithium-ion revenait à 1100 $ US/kWh. Cette année, cela coûte 156 $/kWh, une baisse de 87 %, observe BNEF.

La baisse des prix est rapide, elle a été de 13 % entre 2018 et cette année note BNEF, qui prédit maintenant que le prix atteindra 100 $/kWh en 2023, soit un an plus tôt que prévu. Il descendra sous le seuil psychologique des 100 $/kWh dès 2024.

PHOTO CYRIL ZINGARO, AP

Le prototype tout électrique Peugeot Instinct, montrée au Salon de l'auto de Genève le 7 mars 2017.

Jusqu’à présent, la baisse des prix a motivé les constructeurs à mettre des batteries plus puissantes, pour porter l’autonomie à niveau convenable, ce qui n’a pas permis de baisser le prix des voitures. Mais bientôt, que ce soit à 600 km ou 650 km, l’avantage d’ajouter de l’autonomie sera décroissant et les constructeurs commenceront refiler les économies aux consommateurs : le prix meilleur marché des batteries se reflètera dans le prix des voitures électriques.

PHOTO RENAULT

Il y aura d’autres économies, notamment les économies d’échelle : au fur et à mesure que les volumes augmentent, le coût unitaire des autres composantes électriques baisse aussi. Et il y a aussi des économies d’efficacité : à force de produire des autos électriques, les constructeurs vont apprendre toutes sortes de façons d’améliorer leurs procédés de production.

BNEF note aussi un autre facteur qui joue pour l’auto électrique : le développement du réseau de bornes de recharge rapide va s’accélérer durant la prochaine décennie et leur grand nombre fera en sorte qu’on pourra mettre en marché des voitures ayant de moins grosses batteries... donc qui coûteront moins cher.